Il n’est pas étonnant que ces mouvements naissent et se développent dans des démocraties récentes où la diversité politique est quasi nulle.

En effet, en Grèce comme en Espagne, le jeu politique est monopolisé par deux partis, l’un social démocrate, l’autre conservateur libéral, totalement soumis au nouvel ordre mondial et européen. Chaque élection donne lieu à une fausse alternance, et bien évidemment, rien ne change. Ces deux partis sous l’emprise d’intérêts puissants ont de surcroit mené des politiques économiques et sociales catastrophiques ; leur discrédit est total.

Si la Grèce, comme l’Espagne, comme le Portugal, s’enfoncent dans la récession économique s’est bien parce que leur Gouvernement ont cru dans le mirage de l’euro et du libre échange total. Aujourd’hui dans ces trois pays, ils acceptent sans sourciller, sans entendre leur peuple, le traitement de choc que leur imposent le FMI et la Commission de Bruxelles. On comprend, dès lors, que les peuples ne se sentent plus représentés et la jeunesse au chômage crie son désespoir.

La situation est d’autant plus difficile qu’aucune force politique structurée n’est aujourd’hui capable de transformer cette colère en un projet alternatif cohérent capable de résoudre les problèmes du pays.

J’ai retrouvé à Madrid le même vide politique qu’à Athènes. Ces trois pays, si on y ajoute le Portugal, vont donc obligatoirement dans les mois qui viennent, s’enfoncer dans le chaos économique social et politique.

Les plans qu’on leur impose ne peuvent pas réussir car budgétairement ils ne peuvent pas s’en sortir. Dans quelques mois, l’Union Européenne sera au pied du mur : soit elle transfère à ces pays des sommes extravagantes pour les placer en respiration artificielle, soit ils seront bien obligés de quitter la zone euro, de restructurer leur dette, et de redémarrer leur économie sur une base productive et durable.

Le premier scénario est bien sur exclu car je vois mal Madame MERKEL et les Allemands transformer tout le sud de l’Europe en une gigantesque Allemagne de l’est.

Quant aux Français, comment pourraient-ils accepter le discours incohérent du Gouvernement qui prétend vouloir désendetter la France et qui transfère toujours plus d’argent sans espoir de retour à ces pays ?

Le second scénario s’imposera donc naturellement, mais dans quel contexte politique et social ? Telle est la question.

Les ravages on le voit bien, de ce bipartisme réducteur, de cette démocratie virtuelle, menacent aussi notre pays.

En France, le mal est plus sournois et nos compatriotes, heureusement, ont un éventail de choix politique plus large qu’en Espagne, ou qu’en Grèce. Mais, on le sait bien, ce sont les deux principaux partis PS et UMP qui dominent dans les faits et la situation n’est finalement pas si différente que dans le sud de l’Europe. Simplement, cela se voit moins.

Voila pourquoi le combat que mènent toutes celles et tous ceux qui luttent contre ce bipartisme qui vide de son sens notre démocratie est si important. 2012 est l’occasion unique pour les Français d’éviter le scénario Espagnol, de dénoncer partout et toujours la véritable escroquerie du PS et de l’UMP qui font semblant de s’opposer, mais qui sont soumis au même cadre supra national qui ruine notre pays !

Il ne suffit pas bien sûr de dénoncer, il faut aussi proposer une voie de sortie de crise qui réhabilite le politique et trace le bon chemin pour redresser notre économie et pour rassembler nos compatriotes.

C’est tout le sens du projet que je proposerai aux Français.