L’euro taille unique pour des économies différentes n’a fait qu’exacerber les différences, accentuant les excédents commerciaux de l’Allemagne et les déficits des pays du Sud et de la France.

La vraie cause de la dette est là. Dans une économie ouverte il est impossible pour des entreprises de survivre avec une monnaie trop chère. Les emplois sont délocalisés hors zone euro, le chômage explose, les recettes fiscales et sociales diminuent, les déficits augmentent.

Il n’y a que trois solutions possibles.

Dans la première l’Allemagne accepte de financer les pays du Sud et la France. Cela est bien sûr impensable.

Dans la deuxième une véritable dictature est mise en place se substituant aux démocraties nationales des pays en déficit. L’objectif étant d’imposer une déflation. On a sous les yeux le résultat en Grèce : récession cumulative, échec économique et explosion sociale.

Ces deux solutions, cela va de soi, sont délirantes. Il est curieux de voir qu’elles sont pourtant étudiées par des dirigeants qui ont perdu la raison.

Nicolas Sarkozy a en effet rêvé la mise en œuvre de la première solution en demandant à l’Allemagne d’actionner la planche à billets de la Banque Centrale européenne, se heurtant au veto absolu de Mme Merkel.

De leur côté les technocrates de la BCE et de la Commission ont imaginé un projet de traité fou : le fameux M E S que j’ai été l’un des premiers à dévoiler. Ce traité propose la création d’un fonds de 700 milliards d’euros alimenté par les Etats et établissant une dictature économique sur les pays auxquels ils prêteraient l’argent.

Dans ce projet, il est même précisé que le Conseil des gouverneurs et directeurs bénéficieraient d’une immunité totale. Il s’agirait d’une gouvernance du « 3ème type » à mi chemin entre une dictature soviétique et une dictature capitaliste.

Ce projet de traité n’a d’ailleurs pas été traduit dans un 1er temps ni en allemand ni en français pour que les opinions publiques ne puissent le connaître.

On le voit bien. Ces deux solutions vont contre à l’encontre de la volonté des peuples. Le peuple allemand dans le 1er cas, les autres dans le second.

N’était – ce d’ailleurs pas l’objectif initial des fondateurs de l’euro, se servir de cette monnaie unique pour niveler toute différence et créer par décret un peuple européen. Mais on ne transforme pas les peuples par décret. Chaque pays à ses spécificités, ses traditions, ses talents et ses handicaps et il est bien sûr totalement absurde de croire qu’une monnaie unique va accoucher d’un homme unique.

Le rôle des monnaies est tout au contraire de servir par leur flexibilité les économies des différents pays.

Voilà pourquoi seule la troisième solution est viable : la fin de l’euro et le retour aux monnaies nationales. Il est mille fois préférable que les pays européens retrouvent leur propre monnaie en permettant ainsi d’avoir des stratégies économiques qui correspondent à la réalité de leur compétitivité.

D’ailleurs dans l’Union européenne il y a 10 pays qui fonctionnent très bien avec leur propre devise. En vérité, l’euro est dans sa phase terminale, comme je l’ai indiqué dans mon livre « l’Arnaque du Siècle ». La seule question qui vaille est de savoir si on est capable dans le calme et la concorde de reconnaître cette erreur, de retrouver un système monétaire souple qui garanti la croissance.

Bien sûr la sortie de l’euro ne résoudra pas tout. Il faut aussi, comme je le répète inlassablement, remettre les banques au service de l’économie réelle, protéger nos industries, baisser les charges des PME qui investissent en France, favoriser l’innovation, etc, etc…

Combien de sommets faudra-t-il à nos dirigeants pour admettre l’évidence ?