Choisir l’abstention sur une loi qui veut lutter contre le terrorisme n’était un choix ni évident ni facile à prendre. En effet, le texte du gouvernement étant un tout, il propose forcement quelques mesures qui peuvent être utiles à assurer la sécurité des Français. Le gouvernement a annoncé qu’il sortirait de l’Etat d’urgence prochainement, ce qui est complétement irresponsable. Aussi, cette nouvelle loi transpose quelques mesures essentielles de ce droit d’exception dans la loi ordinaire. J’entends donc les arguments de certains collègues qui affirment que le texte est « mieux que rien » mais je ne les partage pas. La position dans laquelle le gouvernement a placé le Parlement s’apparente d’ailleurs à du chantage, les députés étant mis devant le fait accompli de choisir entre la peste et le choléra.

Le sujet est en réalité trop grave pour donner un blanc-seing à un texte qui démontre que ni le Ministre de l’Intérieur ni le Premier Ministre ni le Président de la République ne comprennent les défis que le terrorisme islamiste pose à notre pays au prix d’un lourd tribut, la vie de Français innocents. Les crimes ignobles qui ont frappé Marseille devraient pourtant rappeler la vérité tragique à ceux qui dirigent la France.

Notre pays est en guerre. Les Français le savent mais nos dirigeants n’en tirent aucune conséquence. Depuis les déclarations scandaleuses de Manuel Valls indiquant que la France devait « s’habituer au terrorisme », la démission de ceux qui doivent protéger nos concitoyens est terrifiante. Les efforts admirables au quotidien des forces de l’ordre, de nos services de renseignement et de l’action de notre armée ne peuvent remplacer la volonté politique au sommet. Un état de guerre ne peut être ni ordinaire ni permanent. Une telle dérive signifierait qu’on accepte l‘inacceptable, à savoir la banalisation de la terreur. Lorsque François Hollande m’avait reçu à l’Elysée avec Manuel Valls après les attentats du Bataclan, j’avais été frappé par leur fatalisme ; leur détermination de façade cachait une absence de volonté particulièrement choquante.

De toute évidence, le règne Macron est frappé de la même impuissance contre le terrorisme islamiste. A vrai dire, lutter contre l’islamisme meurtrier nécessite de nommer et de regarder l’ennemi en face, ce que l’hypocrisie et l’aveuglement propres à la « pensée complexe » d’Emmanuel Macron est incapable de faire.

Hélas, le gouvernement actuel ne prend toujours pas les mesures nécessaires pour assurer au maximum la sécurité des Français. Les meurtres de Marseille ont démontré que nos lois n’étaient pas appliquées. Le terroriste était un étranger en situation irrégulière depuis plus de dix ans, connu sous diverses fausses identités. Arrêté la veille de ses attaques pour un vol à l’étalage, il n’a pas été incarcéré en centre de rétention faute de place. Comment tolérer, que de tels dysfonctionnements aboutissent à cette tragédie ?

Depuis plus de cinq années, je demande l’expulsion des clandestins et en particulier l’expulsion des clandestins coupables de délits ou de crimes de droit commun. Cet individu n’avait rien à faire en France et de facto, n’aurait pas pu commettre ses crimes si la loi avait été appliquée.

Je n’ai jamais prétendu qu’un Etat pouvait prévenir toutes les attaques terroristes. En revanche je constate que l’ensemble des terroristes qui ont versé le sang en France depuis l’attaque de Charlie auraient été mis hors d’état de nuire si nos lois étaient respectées et appliquées.

Je continue inlassablement à demander que l’on prenne des mesures fortes mais simples qui relèvent en vérité du bon sens : expulser tous les clandestins, en particulier ceux punis par la justice ; expulser tous les étrangers radicalisés ou fichés S ; interner à titre préventif tous les Français radicalisés ou dangereux ; isoler aux îles Kerguelen les Français dont la dangerosité a été démontrée par la justice ou qui reviennent du djihad. En effet, alors que Daech perd du terrain en Mésopotamie et en Libye, de plus en plus de terroristes partis combattre vont tenter de revenir en France. C’est inacceptable.

L’expulsion et l’isolement des islamistes dangereux n’est pas négociable et reste la seule mesure capable de protéger les Français. En une année, le ministère de l’Intérieur a indiqué que les personnes radicalisées inscrites dans le fichier dédié étaient passées de 8000 à 12000 individus ! Je rappelle qu’il faut sept policiers pour surveiller une seule personne dangereuse. On comprend bien que la situation est hors contrôle.

Face à une telle incurie et une telle irresponsabilité, comment croire que le gouvernement puisse se permettre de lever l’Etat d’urgence et priver nos forces de l’ordre de précieux moyens d’intervention. Comment baisser la garde alors que les faits montrent que l’Etat n’est déjà pas à la hauteur du danger ?

Par ailleurs, j’estime que cette loi se trompe de cible. Comme je l’ai indiqué à de nombreuses reprises, il est particulièrement dangereux et hypocrite d’affirmer que le danger terroriste provient de l’ensemble de la société française. Hélas, c’est bien l’islamisme armé qui tue en France et personne d’autre. Surveiller la France entière, y compris les activités politiques ou syndicales, est complètement hors de propos. Il est inacceptable d’utiliser le terrorisme comme un prétexte pour réduire inutilement les libertés publiques alors que tout n’est pas fait pour lutter contre les vrais terroristes et éradiquer l’islamisme en France !

Nous devons avoir le courage de dire que ce gouvernement continue à ne pas faire ce qu’il faut pour protéger les Français et que la nouvelle loi « antiterroriste » n’est nullement à la hauteur des périls qui menacent chaque jour notre pays.