Il ne paraissait pas délirant d’espérer que cet argent de l’UE soit utilisé pour offrir des contrats à des entreprises européennes.

Or, au premier trimestre 2018, a été annoncée la victoire du consortium chinois dirigé par la China Road and Bridge Corporation (CRBC) pour l'appel d'offres concernant la première phase de la construction de ce pont et de ses voies d'accès.

A la suite de cette annonce, le constructeur autrichien Strabag, qui avait aussi participé à l’appel d’offres, a porté plainte, accusant les Chinois de dumping commercial. Le prix proposé par CRBC était 20 % moins cher que celui de Strabag. La plainte a été rejetée par la justice croate. Pourtant, comme le précise un article de Libération en date du 25 mars 2019, les ingénieurs et les ouvriers sont chinois et je devine que leurs conditions de travail seront nettement plus précaires que celles qu’auraient eu à supporter des travailleurs européens.

Il est ahurissant que l’UE finance des projets avec l’argent des nations qui la compose sans se préoccuper de savoir comment se déroulent les appels d’offres, ni chercher à protéger les entreprises européennes.

Comment Kolinda Grabar-Kitarović, présidente d’une Croatie récemment intégrée à l’UE, peut-il livrer ses marchés à des consortiums extra-européens alors même que les fonds ont été alloués par l’UE ?

Comment la petite clique qui se partage les postes de commissaires européens peut-elle ne pas tout tenter pour que les appels d’offres concernant des projets financés par l’UE demeurent dans le giron de groupes européens ?

Pourquoi le protectionnisme européen, dont se réclament pourtant les partis de MM. Macron et Wauquiez, est-il systématiquement oublié à l’heure de conclure les appels d’offres ?

Pourquoi laissons-nous la Chine et les Etats-Unis nous appliquer des mesures de rétorsions protectionnistes sans jamais réagir ?

Mes concurrents LR et LREM se font les défenseurs acharnés de l’idéal européen, vouant aux gémonies les « mal-pensants » qui s’élèvent contre leur doxa libre-échangiste. Les masques tombent. Ils se soucient de l’Europe comme d’une guigne, ces mondialistes à la petite semaine qui bradent sans honte nos marchés à nos concurrents chinois.

Régulièrement brocardé par ces européistes de pacotille, je m’engage à développer un protectionnisme européen avec mes alliés au Parlement européen afin de favoriser l’emploi et le Produire en Europe. 75 % des appels d’offres au niveau européen doivent échoir à des entreprises produisant sur le sol européen.

De façon générale, je souhaite taxer les importations ne respectant pas nos normes sociales, sanitaires et environnementales et interdire les importations dangereuses ou reposant sur l’esclavage moderne de travailleurs exploités.

L’enjeu est de permettre à nos entreprises de se défendre contre la concurrence avec les mêmes armes que leurs concurrents. Et de rétablir des règles commerciales équitables en nous donnant les moyens d’intervenir, en cas de concurrence déloyale, comme le font la grande majorité des pays asiatiques et américains.

Je suis pour une Europe des projets qui s’appuie sur le génie des peuples, qui met en commun les savoirs au service de cette vieille et glorieuse civilisation qui est la nôtre. Des médecins grecs aux humanistes hollandais, des philosophes des lumières aux grands capitaines d’industrie, que d’Histoire, que de découvertes actuellement laissées entre les mains d’une poignée d’incompétents qui bradent nos marchés pour des profits à court terme.