Pour autant, beaucoup se sont étonnés de cette prise de position, y compris au sein de Debout la République. Et pour cause : nous sommes désormais habitués à des années et des années d'impuissance publique, et une mesure aussi simple et évidente qu'une nationalisation paraît donc aujourd'hui surréaliste.

Et pourtant, un Etat qui aurait conservé sa souveraineté sur son territoire devrait pouvoir jouer avec l'arme de la nationalisation, comme l'a par exemple prouvé Chavez au Venezuela avec le secteur pétrolier.

Car la nationalisation que je propose s'inscrira bien sûr dans un projet plus global d'indépendance du pays, dans lequel l'Etat aura - notamment - retrouvé sa marge de manœuvre monétaire, et pourra donc financer les dépenses d'avenir à taux zéro. Car à ceux qui m'opposent le coût d'une telle nationalisation, je leur demande simplement de réfléchir aux milliards de bénéfices que l'Etat pourrait engranger ensuite de façon pérenne (ce qui permet facilement de rembourser un prêt auprès de sa banque centrale).

Et si les moyens d'une telle nationalisation feront l'objet d'une proposition concrète de DLR dans l'optique de 2012, il est objectivement évident que l'on a eu tort d'achever de privatiser cette entreprise en 1996 alors que jusqu'en 1992, l'Etat y détenait encore 30% du capital.

Raisonnons par l'absurde : si TOTAL était resté une entreprise publique, il aurait été impossible que le prix à la pompe flambe alors que les cours chutent dans le même temps, tout simplement car le risque politique aurait été trop important.

D'autre part, les bénéfices iraient directement dans les caisses de l'Etat (notamment sous forme de dividendes pour l'Etat actionnaire à hauteur de plusieurs milliards par an) et le taux aujourd'hui exceptionnel des taxes n'aurait pas à être si élevé.

En pratique, en ayant privatisé TOTAL, l'Etat s'est privé d'une source de revenu de plusieurs milliards d'euros chaque année au profit d'intérêts privés.

Mais c'est vrai qu'il est tellement plus facile de repousser l'âge de la retraite, de saigner à blanc les commissariats et l'Education nationale, que de résister aux pressions des groupes d'intérêts privés....

Aujourd'hui, de nombreux actionnaires étrangers sont au capital de cette entreprise dont le marché principal est la France mais qui n’y fait plus travailler qu’une partie résiduelle de ses salariés, et qui n’y paye d'ailleurs plus d’impôts!

En outre, un TOTAL où l'Etat serait actionnaire majoritaire serait une garantie pour la France de son indépendance énergétique. A l’heure où le monde est confronté aux grands enjeux climatiques et énergétiques, alors que le drame de Fukushima amène craintes et interrogations légitimes, il est plus que jamais urgent d’agir.

Loin des rodomontades stériles de certains écologistes - puisqu'ils refusent de remettre en cause le cadre mondialiste qui bloque toute initiative efficace - il faut que les acteurs énergétiques soient mobilisés sur un grand programme de développement des énergies nouvelles, ce que seule la puissance publique pourrait imposer à des opérateurs qui n'investissent aujourd'hui que dans leurs métiers : AREVA pour le nucléaire, EDF pour l'électricité, etc.

Réorganiser le secteur de l’énergie nationale autour de deux grands pôles publics EDF-GDF et TOTAL renationalisés serait sans aucun doute le meilleur moyen d’investir les milliards d’euros par an nécessaires dans les énergies de demain.

Tout au contraire, obnubilé par des objectifs financiers et court-termistes, TOTAL privatisé n’est aujourd’hui plus à la hauteur des grands enjeux énergétiques si importants pour la France et le monde.

Je démontrerai dans mon projet pour 2012 que ce n'est pas une fatalité !