1 – Ce parti n’a jamais su faire vivre la démocratie en son sein.

J’ai vécu moi-même lors des élections de 2002 et de 2004 ce climat malsain. En 2002, l’ordinateur régulant les votes par Internet était comme par hasard tombé en panne pendant plusieurs heures juste avant la proclamation des résultats. Je n’avais pas pu obtenir la vérification du système informatique et certains membres de l’UMP m’avaient susurré que mon score de 15% avait été nettement minoré.

Rebelote en 2004, où je n’avais pas pu trouver sur la place de Paris un cabinet d’audit spécialisé dans le vote par Internet qui accepte de me servir de conseil pour vérifier l’organisation du scrutin. On m’a finalement « mis » 9,5% des voix.

J’avais d’ailleurs, dans mon discours, lors du fameux congrès ayant porté Nicolas Sarkozy à la présidence du parti, pointé du doigt les soupçons de fraude. Je me souviens très bien des sifflets des premiers rangs mais aussi des applaudissements du fond de la salle.

Fraude d’autant plus inutile pour les vainqueurs qui auraient de toute façon recueilli une large majorité des suffrages. Pourquoi alors vouloir à tout prix écraser leurs adversaires ?

Si j’ai quitté l’UMP par la suite sur une question de fond (la décision de Nicolas Sarkozy de bafouer le référendum de 2005 en faisant ratifier le Traité de Lisbonne par le Parlement), ce fut aussi en raison de cette incapacité à respecter le vote des militants.

2 – Les deux clans se déchirent car lors de cette élection, les questions de personnes l’ont emporté sur les questions de fond.

En dépit de nuances (Fillon plus centriste, Copé plus à droite), les deux candidats ont été totalement solidaires du bilan des dernières années et ont accepté de se soumettre au cadre bruxellois qui empêche à la France tout changement de cap économique et social.

3 – La victoire des militants sur les notables du parti

Quel que soit le résultat, François Fillon a perdu son pari et tous les élus qui l’ont rejoint par intérêt pensant que les sondages disaient vrai, se sont trompés.

Jean-François Copé a mieux senti l’état du pays sans doute parce qu’il est un élu de banlieue.

En vérité, derrière cette élection, apparaissent les lignes de fracture classique à droite que la création de l’UMP n’a pas réussi à effacer (les centristes, les libéraux, les gaullistes).

Dès 2002, je m’étais élevé contre cette tentation de vouloir fondre en un parti unique des droites différentes. Le fiasco est aujourd’hui total.

La création de l’UMP a ouvert un boulevard au FN puis aux centristes regroupés derrière Jean-Louis Borloo. Par ailleurs, les vrais gaullistes ont constitué avec moi Debout la République qui rassemble de plus en plus de militants. L’UMP redevient ainsi une sorte de parti conservateur un peu comme l’était le parti républicain, puis démocratie libérale.

4 – Au moment où la France affronte l’une des pires crises de l’après-guerre et où les Français souffrent, le spectacle donné par l’UMP, mais aussi par le PS, révèle la faillite du bipartisme.

Malheureusement, le système médiatique donne une importance trop grande aux palinodies des dirigeants de ces deux coquilles vides. Il y a urgence à laisser s’exprimer d’autres courants politiques pour offrir à nos concitoyens un vrai débat public.

Car l’enjeu n’est pas de savoir qui de Jean-François Copé ou de François Fillon aura le plus de voix mais quelles sont les solutions possibles pour redresser au plus vite le pays et rassembler autour de quelques objectifs précis nos concitoyens.