Juste, car la pénurie de logement dans nos grandes villes a poussé à une spéculation débridée, sans contrôle. Nombre de nos compatriotes doivent consacrer une part toujours plus importante de leurs revenus pour se loger sans même que le confort soit au rendez-vous.

Raisonnable, car ce blocage concerne des agglomérations où les prix des loyers avaient été durablement et excessivement gonflé. Certes j’aurais préféré une mesure plus souple, qui fixe pour chaque secteur géographique un plafond autour duquel le marché pourrait s’ajuster. Mais l’essentiel est là, et les Français avaient besoin de cette bouffée d’oxygène.

Je ne crois pas, comme l’a indiqué l’ancien ministre Benoist Apparu, que ce décret menace, dans l’immédiat, les projets d’investissements immobiliers. Les prix sont aujourd’hui très élevés et justifient largement de tels investissements.

Comme alternative, j’avais aussi proposé dans mon projet présidentiel une autre mesure pour pallier à la pénurie dans l’offre de la location : la création d’un fonds de garantie des impayés de loyers afin d’inciter les propriétaires qui ne louent pas leurs logements à les remettre sur le marché locatif. Sur 2 millions de logements vacants, on estime que cette simple garantie permettrait de louer 500 000 logements.

Cependant, cette proposition comme le décret décidé par la ministre du logement sont des mesures d’urgence qui ne résolvent pas le problème de fond. En effet la décision du gouvernement socialiste n’a de sens que si elle est accompagnée d’une vision à long terme. La réalité est que nous ne construisons pas assez de logements en France et les politiques de l’Etat favorisent systématiquement la rente locative. Or il faut restaurer ce cercle vertueux qui faisait par exemple des HLM une solution juste et temporaire vers l’accession à la propriété. Pour cela je propose que l’Etat facilite l’accession à la propriété des familles françaises en vendant une partie des HLM. Avec les gains de ces ventes, l’Etat pourrait investir dans des programmes immobiliers ambitieux. Lors de la présidentielle, j’avais estimé avec des experts que nous pourrions ainsi permettre à 2 millions de ménages supplémentaires de devenir propriétaires de leur logement.

De même parallèlement à l’accès à la propriété des classes moyennes, l’Etat ne doit pas abandonner sa mission de soutien aux maires dans la construction de logements sociaux.

La crise du logement est une crise du rêve français. Si le blocage des loyers est une bonne politique qui protège nos compatriotes, elle doit s’accompagner d’une vision à plus long terme qui réponde aux aspirations de chacun, locataires comme propriétaires.