Aujourd’hui on brandit l’exception culturelle française. C’est une bonne chose. Mais pourquoi réserver le protectionnisme intelligent au seul milieu du cinéma ? Pourquoi ne pas défendre de la même façon nos PME et nos agriculteurs ?

Depuis les négociations du GATT dans les années 80, presque 30 ans de libre-échange dérégulé et sauvage nous donnent le recul nécessaire pour ne pas retomber dans le piège. On nous avait promis le libre-échange comme la pierre philosophale qui mènerait tous les pays du monde à la prospérité infinie et éternelle.

Le rêve s’est transformé en cauchemar. Les usines délocalisées, nos PME écrasées, le chômage de masse sont le résultat concret de ce libre-échange sans foi ni loi. Il est impensable de laisser la Commission européenne assassiner une nouvelle fois notre économie. Nous ne nous relèverions pas de ce nouveau coup de poignard.

L’exception culturelle ne doit pas concerner seulement l’industrie cinématographique sinon cette exception devient un privilège. Pourquoi ce libre-échange loué par les belles âmes devrait épargner seulement le 7e art ? C’est tous les secteurs qui doivent bénéficier du protectionnisme intelligent.

Nous devons mettre un stop au libre-échange total et dérégulé. Dans la mondialisation il nous laisse sans défense face à des pays qui ne respectent aucune de nos normes sociales et environnementales. L’exception qu’on applique pour le cinéma doit devenir la règle. Il n’existe aucune raison valable pour laisser sans défense nos PME ou nos agriculteurs.

Ce projet de marché transatlantique est aujourd’hui une des plus grandes menaces qui pèsent sur la France. Il est impensable que Mme Bricq, la Ministre du Commerce extérieur, engage la France dans cet abime. Le Président de la République doit prendre part lui-même aux négociations. Par ailleurs nous demandons au Premier ministre de consulter au plus vite les députés sur ce projet transatlantique par un vote. Seule la représentation nationale, garante de la volonté populaire, a la légitimité minimum pour décider de la suite à donner.

Les socialistes ne peuvent pas se plaindre de l’incompétence de la Commission européenne et continuer à lui confier le brassard de capitaine !