Autour de l’Europe, sur son flanc sud-est, un arc de cercle est en train de se constituer partant de l’état islamique Daech en Irak, allant jusqu’à la secte Boko Haram au nord du Nigéria, en passant par le nord Mali, la Libye et le Yémen.

Ces milices, ou ces pseudo-états, en se coordonnant, veulent entraîner le monde dans la guerre de religion du XXIème siècle.

Par des actes atroces, mis en scène, ils veulent forcer les musulmans à se ranger derrière eux et obliger les puissances occidentales à intervenir tout azimut.

Face à cela, les Européens, comme les autruches, mettent la tête dans le sable. La France, plus courageuse que ses voisins, a su réagir à temps au Mali, mais nage en pleine ambiguïté sur la Syrie et est à cours de moyens en raison d’une crise budgétaire sans précédent.

Aujourd’hui, il y a urgence à corriger la loi de programmation militaire et à geler toutes les suppressions de postes prévues. Comment, en effet, oser continuer à fermer des casernes, à démanteler nos unités, à étaler les programmes d’armement alors que les armées, malgré tout l’héroïsme de nos soldats, sont d’ores et déjà au bout du rouleau ?

Mais la situation de nos voisins est encore plus surréaliste : l’Italie, essorée par l’euro cher, a vu sa richesse nationale baisser de près de 10 % depuis la crise et est exsangue alors que Tripoli, envers lequel elle devrait pourtant assumer des responsabilités historiques, est à 300 km de ses côtes.

Quant à l’Allemagne, elle prend des allures de passager clandestin de l’Europe : d’un côté Mme Merkel vient pleurer dans les bras de François Hollande après les attentats de Paris, mais de l’autre, c’est elle qui, tel Ponce Pilate, n’assume pas au côté de la France comme elle le devrait l’effort de défense pour contenir la poussée islamiste en Afrique.

Cette situation ne peut plus durer. La France doit taper du poing sur la table en exigeant deux choses :

D’une part, le retrait des dépenses militaires du calcul du déficit budgétaire au regard de la règle européenne (qui prévoit à terme l’équilibre budgétaire !), d’autre part, la participation de nos partenaires au financement des opérations extérieures.

Enfin et surtout, les Etats européens doivent mettre fin à leur naïveté en matière de sécurité intérieure en rétablissant les contrôles aux frontières nationales, en supprimant les accords de Schengen qui favorisent ouvertement le mélange entre criminalité nationale et terrorisme globalisé.

Contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire, il est tout à fait possible de tuer le ver dans le fruit si l’on agit vite et fort contre les barbares qui veulent déchaîner une nouvelle guerre de religion.

Le temps presse car si nous laissons prospérer ce nouveau fascisme islamiste (la formule du Premier ministre me paraît à cet égard pertinente), les musulmans de toutes les nations se retrouveront pris en étau entre la pression des fondamentalistes et leur attachement majoritaire à leur nation respective.

Le Président égyptien, comme auparavant les autorités algériennes qui ont elles aussi vécu ce drame sur leur sol, a très bien compris ce que nos élites endormies ou apeurées refusent de voir.

Le réarmement moral va de pair avec le réarmement militaire.

La France doit savoir montrer le chemin, non pas seulement en paroles, mais aussi et surtout, en actes.