Cette expression populaire s’applique totalement aux jours que nous vivons.

La présidence Hollande n'en est plus à un paradoxe près : d’un côté, beaucoup d’effets d’annonces, de l’autre, un ralliement discret mais immédiat aux grandes lignes des politiques publiques suivies depuis des années.

L’emballage est différent mais le produit dans les faits est quasiment le même. Ce qui a été appliqué avec talent au sommet européen de Bruxelles (le faux nez du pacte de croissance pour dissimuler l’approbation d’un pacte d’austérité) est dupliqué en politique intérieure.

Pendant la campagne électorale le coût du travail n’était pas un obstacle pour l’emploi, selon les socialistes. Aujourd’hui, revenus aux affaires, ils découvrent la nécessité d'améliorer la compétitivité de nos entreprises. Pourtant ils avaient tiré à boulets rouges sur la TVA sociale, qui avait le tort, à leurs yeux, d'avoir été lancée par un gouvernement de droite. Que ce transfert de charges ait pu limiter les importations les intéressait bien peu. Désormais ils avancent l'idée d'une augmentation de la CSG qui serait un coup de massue pour le pouvoir d’achat et notamment les retraités.

Autre exemple : le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux était inacceptable, on va passer au non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois, ce qui est encore pire, dans certains ministères pour pouvoir recruter dans l’enseignement.

Enfin, après avoir promis monts et merveilles aux collectivités locales, le Gouvernent semble prêt à reconduire ce qu’avait décidé le précédent.

Comment s’en étonner quand on sait que François Hollande, comme Nicolas Sarkozy avant lui, s'est couché à Bruxelles devant Madame Merkel ?

Comme leurs homologues espagnols ou grecs, les socialistes français n’ont pas compris l’absurdité de cette contrainte européenne qui va nous entrainer dans le cercle vicieux de la récession.

La lettre annuelle du Gouverneur de la Banque de France au Président de la République et au Président des deux assemblées a le mérite d’être explicite.

Son analyse se résume à un chiffre : la France a pris en 10 ans un retard de compétitivité de 25% sur l’Allemagne (coût unitaire salariaux) ; il faut donc le rattraper coûte que coûte. Le message est toujours le même : flexibilité de l’emploi, baisse des dépenses publiques, baisse des salaires.

Cette politique de dévaluation interne n’a jamais marché sachant par ailleurs que l’Allemagne continue de progresser plus vite que nous car sa démographie lui apporte d’immenses économies à court terme et que son industrie accumule les excédents.

La seule solution, on la connait, c’est la dévaluation monétaire ou plutôt la réévaluation de la monnaie allemande pour rééquilibrer les échanges entre les deux pays, doper nos entreprises à l’exportation, et parallèlement, réduire nos importations.

Pour être bien clair, il ne s’agit pas dans mon esprit de mener une politique laxiste mais de mêler intelligemment, comme l’ont fait tous les pays qui ont réussi leur rétablissement, perspectives de croissance et rigueur budgétaire.

Il suffit de regarder l’histoire des plans de redressement pour comprendre :

Plan Rueff en 1958 (dévaluation de 20%, économies budgétaires strictes, investissements massifs dans l’avenir), rétablissement de la Suède et de l’Italie dans les années 90, sans parler des pays comme la Malaisie, le Brésil, la Corée ou l’Argentine…

Mais l’oligarchie française et européenne ne veut pas voir l’évidence, elle entraine notre pays dans un mur et ce n’est pas le papier glacé rose des pauvres socialistes français qui va changer quoi que ce soit.

Nos compatriotes n’ont pas encore réalisé ce qui les attend mais quand ils vont payer toujours plus d’impôts pour voir partir toujours plus d’emplois, ils comprendront alors notre malheur collectif.

Ce ne sont pas les leçons de morale de Fillon ou de Copé qui les sauveront car ces derniers auraient fait exactement la même chose. Ils l'avouent d'ailleurs en coulisses.

Inlassablement je défendrai une autre politique, la seule qui peut marcher, car la seule qui s’appuie sur des réalités et, au risque de déplaire au pseudo-experts à la solde de quelques grands groupes : protectionnisme intelligent, sortie de l’euro coordonnée, baisse des charges massives sur les PME qui investissent en France, rationalisation budgétaire ferme à tous les niveaux publics, constituent le carré magique par lequel nous pouvons redonner de l’espoir aux Français.

Ce sera d’ailleurs le thème de notre grand débat de rentrée lors de nos universités les 7 et 8 septembre prochains à Dourdan.