Mais le pire n’est peut-être pas là, dans la mesure où la règle du jeu constitutionnelle, au lieu d'être utile au pays, va permettre qu'il s'enfonce davantage. Car, en effet, le Président Hollande et son Premier ministre ne contraignent pas la majorité pour mettre en œuvre une politique bénéfique au pays mais au contraire pour qu'il continue sa course folle dans le mur.

Le Premier ministre a enfilé les perles sans doute préparées par des cabinets de communication sans se soucier un instant de la cohérence de son discours. Le fossé entre les bonnes intentions, larmoyantes, et les actes, dérisoires, était saisissant.

Je pourrais en citer des dizaines qui ont ponctué ce discours faussement volontariste. Les coups de menton assortis de « je veux », « le courage », « la réforme », « la responsabilité », ne suffisent pas à bâtir la politique qui, tenant réellement compte des réalités, peut seule infléchir le cours de l’histoire.

Je repense toujours en écoutant ces discours préfabriqués, dont Nicolas Sarkozy était aussi très friand, à cette phrase de Jacques Rueff, économiste du général de Gaulle : « Soyez libéraux, soyez socialistes, mais ne soyez pas menteurs, soyez cohérents ».

A titre d’exemple : le Premier ministre, dont un conseiller a sans doute lu le livre de M. Christophe Guilluy sur la déshérence des zones rurales et des villes moyennes, a prononcé une longue tirade sur l’isolement et la souffrance de ces « Français oubliés ». Mais trois minutes après, parce que Manuel Valls, sous l'injonction de réformer, réforme comme d’autres faisaient de la prose sans le savoir, il annonce un bouleversement incompréhensible des départements. Une nouvelle usine à gaz comme on n’en fait plus qui va détruire le seul cadre institutionnel de solidarité pour les habitants des zones rurales.

Le Premier ministre s’est aussi lamenté sur les quartiers où l’insécurité touche les plus faibles mais, bien évidemment, il n’a pas cité la loi Taubira qui laisse dans la rue les petits et moyens délinquants. Il a fait applaudir les forces de police mais il est le Premier ministre d’un gouvernement qui, dans les faits, ne leur donne pas les moyens d’agir.

Une autre perle, une autre tarte à la crème, du Président Hollande et de son gouvernement a été la réorientation économique de l’Europe. L’Allemagne allait voir ce qu'elle allait voir, mais en fin de compte rien, bien sûr, puisque toute la politique menée vise simplement à contenter Mme Merkel et à tenter plus ou moins d'obéir à ses recettes économiques.

Je passe encore sur la perle de « l’immigration une chance pour la France » suivie de l’autre « bien sûr en respectant la laïcité qui nous rassemble tous », etc., etc.

Comment, dans ces conditions, nos compatriotes accablés par leur feuille d’impôts, dont les enfants sont au chômage et qui vivent en insécurité, pourraient-ils croire un instant à ces balivernes, à cette palinodie permanente ?

Le pire étant d’ailleurs que le Premier ministre est sans doute sincère, croyant que par miracle la France pourra s’en sortir en pagayant dans un canot de sauvetage sur une mer déchaînée.

Bien évidemment, tout cela ne peut que mal finir car il n’y a sur le plan économique que deux solutions pour retrouver la compétitivité. Celle de l’Angleterre et des Etats-Unis, qui ont dévalué massivement leur monnaie pour pouvoir relancer leur économie, résorber leurs déficits et lutter contre le chômage, et celle de la Grèce et de l’Espagne qui, prisonnières de l’euro, ont préféré baisser les salaires de 20% et créer le chaos social pour survivre.

Le gouvernement refuse la voie de la liberté monétaire mais ne veut pas non plus de l'imbuvable potion grecque. Il est donc condamné à échouer sur tous les tableaux. Ce refus de choisir porte un nom : l'irresponsabilité.