On la savait couchée devant les marchés financiers, couchée devant les commissaires de Bruxelles, couchée devant les corps intermédiaires, on la découvre aussi couchée devant les multinationales et les puissances d’argent.

Pourtant, pendant la campagne, le candidat François Hollande était venu voir les ouvriers de Florange. Il était monté sur le camion pour prendre la parole et, tel un boxeur sûr de sa force, il avait averti Mittal qu’il mettrait tout son poids pour sauver Florange. En vérité il n’y a même pas eu de combat. François Hollande s’est couché au premier round. Ce n’est pas un accord qu’il y a eu avec Mittal, c’est une capitulation de l’Etat français devant un milliardaire qui entend dicter sa loi au gouvernement de la France.

Le pire est que depuis des semaines le gouvernement a fait espérer aux salariés de Florange mais aussi à tous ceux du groupe ArcelorMittal qu’il ne les braderait pas au profit d’une petite pirouette médiatique. L’annonce faite hier n’a dupé personne, et surtout pas les ouvriers de Florange, premiers concernés. Ce gouvernement prouve, une nouvelle fois, qu’il n’a de socialiste que le nom. Plutôt que de défendre les ouvriers français et notre industrie, il préfère se coucher devant Mittal. Décidément les multinationales à la recherche de gouvernements conciliants pour leurs profits financiers doivent se dire que la France est un beau terrain de jeu.

Qui peut croire encore au double langage de ce gouvernement ? En tout cas pas les salariés de Florange qui se disent écœurés par l’attitude de Mittal mais surtout trahis par les socialistes.

Il y a quelques jours, Arnaud Montebourg déclarait que Florange serait le dossier symbole du quinquennat. Il ne croyait pas si bien dire. Florange est le symbole de la manipulation et du renoncement. En tous points, ce gouvernement conduit une politique à l’opposé de celle pour laquelle il s’est fait élire. Combien d’humiliations et de de renoncements le ministre du redressement productif va-t-il encore accepter ? M. Montebourg a été trop naïf. Il n’a pas vu que Mittal et François Hollande sont ici des alliés de circonstance. Ils essayent de gagner du temps. Ils savent l’issue inévitable mais tentent de la retarder au maximum. Sauf que la France n’a plus le temps. Nous avons épuisé tout notre crédit-temps. Nous ne pouvons plus nous permettre des issues en trompe-l’œil juste pour faire illusion devant les médias.

Aujourd’hui c’est Lakshmi Mittal qui profite de la faiblesse de François Hollande. Demain c’est l’Allemagne qui va rafler la mise avec EADS. En effet aussi ahurissant que cela puisse paraitre, la France est sur le point de renoncer à 3% de ses droits de vote au capital du constructeur aéronautique sans aucune contrepartie.

Pauvre France… Dans quel état pitoyable sont les deux partis ayant présidé à sa destinée depuis 30 ans ! Le Parti socialiste est couché devant ceux qu’il prétendait pourtant combattre, et l’UMP, coquille vide sans idées ni cap, est désormais en miettes.

Ce qui nous distingue à Debout la République, c’est non seulement un projet politique et économique radicalement différent, mais aussi l’absolue volonté de défendre toujours l’intérêt du pays et des Français, quelles que soient les forces hostiles. Nous ne nous coucherons jamais devant des intérêts particuliers. C’est pourquoi nous soutenons l’idée d’une nationalisation de Florange. La nationalisation est la seule façon de sortir par le haut du chantage de M. Mittal. Elle aurait permis au gouvernement de mettre en place une vraie stratégie de reconquête industrielle plutôt que de naviguer à vue comme la France le fait depuis 20 ans.

Pour autant, la nationalisation ne doit pas empêcher un changement radical de politique économique pour que nos entreprises puissent retrouver une réelle compétitivité. Pour cela, vous connaissez les propositions que nous faisons depuis des années à Debout la République : démontage de l’euro, protectionnisme intelligent, baisse massive des charges sur les entreprises…

Mais vous l’aurez compris, avoir le meilleur programme ne sert à rien si on n’a pas le courage de l’appliquer. Nous, les patriotes et républicains de DLR, ne feront aucune compromission avec l’intérêt de la France. Je l’ai d’ailleurs prouvé tout au long de mon parcours politique. C’est aussi ça notre différence !