C’en serait fini par exemple du refus d’exploitation du gaz de schiste, des OGM ou des normes sociales. Ce serait définitivement la fin de la démocratie française puisque tout serait décidé ailleurs.

Mais le grand paradoxe est de voir la plupart des élus de la Nation reconnaître le danger de cet accord transatlantique et en même temps confier leurs intérêts, c'est-à-dire le mandat de négociations, à la Commission européenne. Une Commission européenne qui n’a pas fait mystère de vouloir négocier au plus vite un paquet global sans prendre en compte les réticences françaises et même celles du Parlement européen notamment sur l’exception culturelle.

Il est vrai que la plupart de mes collègues ont voté en 2008 le Traité de Lisbonne qui supprime le droit de veto de la France en matière de négociations commerciales. On peut donc leur reconnaitre une certaine constance dans la soumission.

Désormais le Parlement français peut voter toutes les résolutions du monde, cela n’aura aucune importance puisqu’il suffit qu’une majorité des 27 approuve l’accord transatlantique pour qu’il s’applique.

Mais, comme toujours, on entend le même disque rayé : « cet accord est dangereux mais n’isolons pas la France, il faut mieux le combattre de l’intérieur, sauvons les meubles ». Encore et toujours le même discours défaitiste !

Je suis intervenu pour dire clairement qu’il fallait non pas aménager ce projet d’accord mais le combattre. Ce sera l’enjeu clé des prochaines années si nous ne voulons pas voir notre pays devenir totalement colonisé.

La naïveté répétée s’apparente au suicide collectif. Cette candeur sur le projet transatlantique fait écho à la décision de Mme Merkel de s’opposer à la volonté des pays européens de taxer les panneaux solaires importés de Chine.

Combien de temps la France acceptera de se voir bafouer par une Allemagne de plus en plus égoïste qui nous demande d’appliquer les règles de l’Union européenne quand cela l’arrange et qui s’en exonère quand cela la gêne ?

Il ne s’agit pas de ressusciter de vieilles rivalités mais simplement de dire clairement à nos amis allemands que trop c’est trop et que seul un partenariat sur un pied d’égalité peut fonctionner.

On le voit bien dans une guerre économique mondiale la France est totalement aux abonnés absents alors que c’est sa survie qui est en jeu.

Il est temps de retrouver notre indépendance, de définir une stratégie et de mettre en œuvre une politique dans l’intérêt des Français.