J’en retiens plusieurs enseignements.

Le premier, Pierre Lellouche et Michel Sapin, malgré leurs désaccords ponctuels et conjoncturels, ne veulent en aucun cas changer le système qu’ils ont contribué à bâtir. Chacun, à sa façon, s’est plaint de ces conséquences mais, curieusement, n’en tire aucune leçon réelle.

Le 2ème enseignement : qu’il est loin le temps où Nicolas Sarkozy et l’UMP voulaient changer l’Europe. Pierre Lellouche a reconnu avec une naïveté désarmante : « nous ne tenons pas la clé du coffre ».

Ce n’était qu’incantations et bons sentiments : « depuis 2 ans nous essayons de convaincre la Chine », « il faut négocier à 27 et nous ne sommes pas majoritaires », « tout sera long et difficile ». En un mot Pierre Lellouche théorise l’impuissance. Il l’a justifie par l’éternelle rengaine : « 65 millions sur 7 milliards, c’est pas lourd ».

Le 3ème enseignement : le PS lui, avec habileté, fait semblant de vouloir changer les choses en faisant croire une nouvelle fois qu’une fois arrivé au pouvoir, on verra ce qu’on verra et que d’un coup de baguette magique, tout sera renégocié.

A nouveau l’éternel discours sur l’Europe de la croissance, l’Europe du progrès social. « A plusieurs, on est plus fort », est ressorti sans aucun complexe. Bien évidemment, ce n’est qu’une illusion et à ce titre, François Hollande est bien le digne successeur de Lionel Jospin qui avait fait le même coup pour gagner les législatives en 1997.

Le 4ème enseignement, l’incapacité totale des deux protagonistes à prendre la mesure de la gravité de la crise, de l’effondrement industriel, de la misère qui se répand dans notre pays. La maison brûle et les deux architectes discutent calmement des projets d’extension. Ils ne veulent pas comprendre que leur œuvre commune à un vice de construction. Ils ne veulent pas admettre qu’il faut changer le cadre de l’action si l’on veut enfin avoir des résultats.

Ils font l’impasse systématique sur le problème démocratique fondamental de l’Union européenne. Aucun des deux n’a d’ailleurs voulu s’engager sur un référendum pour le futur traité. Pour Michel Sapin, le peuple doit être « associé ». Pour Pierre Lellouche, il faut « garder » le contact avec le peuple.

Le mur des réalités est devant nous et ils font semblant de ne pas le voir. Il va de soi que ni les uns, ni les autres, ne sont en mesure de sortir la France et l’Europe du désastre économique et social dans lequel elles sont plongées.

Refusant le référendum, il faut leur imposer au travers de l’élection présidentielle.

Transformons alors 2012 en une consultation sur la liberté de la France et la démocratie. Et bon courage à Messieurs Lellouche et Sapin dans la défense de l’indéfendable !