Comme tant de Français, je suis aussi en colère car cet acte barbare est très loin d’être isolé. C’est à quelques kilomètres seulement de Champigny, à Viry-Châtillon que des policiers avaient été pris dans un guet-apens : leurs voitures avaient été incendiées par des cocktail Molotov et deux agents gravement blessés. Un mouvement historique de mobilisation des forces de l’ordre, soutenu par une écrasante majorité de Français, s’était organisé. Les pouvoirs publics avaient promis des mesures mais rien n’a changé par la suite. Combien faudra-t-il de morts et de blessés parmi la police, la gendarmerie, la douane, les pompiers et même les médecins sur le terrain pour que le gouvernement protège enfin ceux qui le servent et pour que la Justice punisse les criminels.

Comme tant de Français, je ne peux que constater que les autorités préfèrent cacher la vérité plutôt que de remplir leur premier devoir républicain : assurer la sécurité de tous. Nous avons appris ce qui s‘était passé à Champigny par les réseaux sociaux et la nouvelle chaîne RT. Durant des heures, aucun média national n’a réagi, aucune information officielle n’a été communiquée du Ministère de l’Intérieur. Dans une société de l’information immédiate, cette carence d’information n’est pas anodine. Pire, elle ne peut être que volontaire.

En effet, c’est un morceau de la terrible réalité vécue par des millions de Français qui est apparu en plein jour. Ce n’était plus les chiffres frelatés des statistiques officielles qui tentent de banaliser l’inacceptable mais des images brutes, terrifiantes qui sont le quotidien de plus en plus de territoires. Les zones de non droit, où les délinquants règnent en petits caïds sont la honte de la République. Ce que Jean-Pierre Chevènement appelait déjà il y a 20 ans avec trop d’indulgence des « sauvageons » savent qu’ils n’ont rien à craindre de la justice et que les policiers qui les arrêtent seront déjugés, les témoins menacés, les victimes terrorisées. D’ailleurs, l’impunité est telle que les images de Champigny étaient diffusées fièrement par des voyous qui n’ont même plus peur d’être identifiés pour leurs méfaits, devenus des titres de gloire dans certains quartiers !

Comme maire de banlieue pendant ces vingt dernières années comme député, je n’ai cessé de combattre le laxisme d’Etat. Lors de la dernière présidentielle, mon programme pour éradiquer les zones de non-droit en France était très clair : peines-plancher contre les récidivistes, sanctions renforcées pour les agressions contre les fonctionnaires, remplacement de tous les postes de force de l’ordre supprimés depuis dix ans, attribution de moyens supplémentaires pour l’équipement et la protection des agents. Par ailleurs, c’est l’esprit général de la justice qu’il faudra aussi changer en promulguant des lois pénales qui ne laisseront aucune marge d’interprétation à certains juges laxistes et en garantissant aux magistrats qui appliquent la loi la construction des 40 000 places de prison supplémentaires dont ils ont besoin.

Ce qui s’est passé à Champigny doit éveiller les consciences : la racaille ne doit plus faire régner sa loi en France !