Peu connu du grand public, le groupe industriel Latécoère est pourtant une pépite industrielle française qui emploie aujourd’hui plus de 5000 personnes. Cette entreprise plus que centenaire et longtemps familiale a accompagné toute l’histoire de notre aviation civile. Ses ingénieurs et ses ouvriers ont conçu les avions de Jean Mermoz, d’Antoine de Saint Exupéry et de bien d’autres héros de l’aviation. Après la seconde guerre mondiale, le groupe a pris toute sa place dans la galaxie aéronautique française au centre de laquelle devait régner Airbus.

Hélas, cette belle épopée industrielle française séculaire vient de prendre fin ce mercredi 4 décembre dans l’indifférence générale de l’Etat. Le gouvernement a laissé partir ce fleuron industriel, dont la majorité des actions vient d’être achetée par le fonds américain Searchlight qui ne cache nullement ses intentions spéculatives.

Cet énième abandon du gouvernement est d’autant plus intolérable que les Américains n’ont pas mis en œuvre de stratégie machiavélique comme le pillage d’Alstom ou de Technip. Searchlight a tout simplement déposé une Offre Publique d’Achat amicale depuis plusieurs mois, offrant une belle plus-value aux actionnaires en toute transparence !

Le gouvernement avait donc toute la latitude pour bloquer cette offre en utilisant le fameux décret Montebourg qui permet à l’Etat de défendre les intérêts vitaux de la France, en particulier dans le domaine aéronautique. Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont bel et bien choisi de ne rien faire, ils devront en répondre devant les Français le moment venu.

Les partis qui ont ruiné la France et causé la disparition de 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1980 accusent toujours la mondialisation ou le droit du travail français d’être responsables de tous les maux de notre pays. Ces phénomènes ne sont pourtant qu’une cause secondaire de l’effondrement industriel de la France. L’essentiel de la responsabilité réside hélas dans l’incompétence ahurissante de nos dirigeants, qui ont systématiquement sacrifié l’industrie au profit des services et de la finance.

J’ai également démontré dans le passé, notamment dans l’affaire Alstom, que la corruption et les conflits d’intérêts du petit milieu parisien jouaient aussi un rôle primordial dans le dépeçage de notre industrie stratégique. Ceux qui devraient défendre nos usines préfèrent les vendre au plus offrant. Je n’oublierai jamais comment Emmanuel Macron a menti à la télévision, devant tous les Français, pendant la campagne présidentielle lors du débat CNEWS/BFMTV. Alors que je l’interrogeais sur sa responsabilité comme ministre de l’Economie dans le pillage d’Alstom par General Electric, il avait osé me répondre qu’il n’avait joué aucun rôle. Or c’est lui qui avait signé le décret autorisant la vente ! Comment accorder la moindre confiance à des personnalités sans foi ni loi ?

Il n’y aucune fatalité à voir l’industrie française mourir. Le Japon, la Suisse, l’Allemagne et tant d’autres nations ont réussi à garder un tissu industriel puissant et des droits sociaux élevés parce qu’ils avaient la volonté politique de le faire. C’est aussi ce que fait aux Etats-Unis Donald Trump en assument une politique de relocalisation industrielle.

Seul un changement radical de personnel politique et un grand ménage dans les réseaux d’influence qui corrompent notre économie nous permettront de redresser la barre. Une chose est certaine, ce n’est pas l’ancien banquier Emmanuel Macron et ses amis donateurs qui sauveront une seule usine en France.

Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La France, Député de l'Essonne.