Contrairement à ce qui a été répété en boucle par les dirigeants français du PS et de l’UMP, il ne s’agit en rien d’un repli sur soi, mais tout au contraire d’un exercice de démocratie exemplaire et de la volonté de maîtriser son destin.

Ce référendum signe surtout un changement historique. Les Européens commencent à comprendre l’escroquerie de cette fameuse Union européenne sans frontière, qui s’apparente de plus en plus à une jungle, source d’injustice, d’exploitation, de misère et de désordre.

Les Européens constatent tout simplement que tous les pays du monde qui réussissent dans la mondialisation, de la Corée du Sud au Brésil en passant par le Japon, les Etats-Unis ou la Chine, ont gardé un Etat fort à la fois protecteur et stratège.

Il n’y a donc pas de contradiction entre contrôler ses frontières et s’ouvrir au monde, mais bel et bien complémentarité. L’Angleterre de David Cameron le prouve aussi à deux pas de chez nous.

La frontière est pareille à la peau. Elle n’est pas étanche, elle filtre pour permettre la cohabitation intelligente des différences, l’équilibre entre l’intérieur et l’extérieur.

Comme l’a très bien dit Régis Debray dans son magnifique petit livre Eloge de la frontière ; un monde sans frontière serait un monde sans différence et sans diversité. Un monde d’une grande tristesse.

Bien évidemment, une fois les frontières rétablies, les représentants du peuple doivent décider du degré d’ouverture et de fermeture. Une frontière n’est pas un mur hermétique et ne saurait pas l’être. Mais, selon les périodes, selon les besoins du pays, selon les capacités d’assimilation, il faut, comme on ouvre plus ou moins la fenêtre ou la porte de sa maison, doser les contrôles.

Les dirigeants français cloîtrés dans le château fort de leur pensée unique regardent effarés cette soif des peuples européens à reprendre leur destin en main. Ils refusent les referendums car ils sont devenus minoritaires dans leur propre pays. La leçon suisse n’en aura été que plus cuisante.

Le 25 mai prochain, il faudra transformer l’élection européenne en un referendum sur l’Union européenne.