Après la catastrophe sanitaire que nous avons vécue et qui continue de nous menacer, les Françaises et les Français ne tolèrent plus les conséquences tragiques de la désindustrialisation organisée par les gouvernements successifs.

Les meilleurs médecins, infirmières et soignants ont besoin d’une industrie nationale fiable et innovante à leurs côtés pour assurer la quantité et la qualité des matériels et des médicaments. La « start-up nation » macroniste n’est pas seulement synonyme de chômage et de bas salaires, mais aussi une menace sur la vie des citoyens eux-mêmes.

Naturellement, le gouvernement a senti le vent du boulet et a rapidement adopté une rhétorique en faveur de la relocalisation des usines. Bruno Le Maire en particulier n’a pas hésité à affirmer que la désindustrialisation avait été l’une « des pires erreurs » des gouvernements passés, lui qui a participé à presque tous les gouvernements des 20 dernières années et qui a toujours soutenu les règles absurdes de l’Union Européenne ouvrant nos frontières à la concurrence déloyale, anti-sociale et anti-écologique.

Nous serions ravis si le gouvernement avait sincèrement pris conscience de ses erreurs et changé de politique. Il n’en est rien ! Les paroles trompent nos concitoyens qui doivent se fier aux actes.

Tout d’abord, le gouvernement ne fait rien pour relocaliser durablement la production de matériel médical et de médicaments. Alors que la Chine a multiplié sa production de masques par 10, le gouvernement français, au bout de trois mois, peine à doubler la production malgré les multiples initiatives de la société civile. Le Maroc réussit à produire 7 fois plus de masques par habitant que la France ! Le projet de rouvrir l’usine de masque Sperian, en Bretagne, est renvoyé en septembre alors que tous les professionnels s’accordent à dire qu’un tel site pouvait rouvrir en deux ou trois mois.

Pire encore, le gouvernement refuse d’intervenir pour sauver des usines qui ont un rôle stratégique afin d’assurer notre souveraineté sanitaire. Ainsi, DLF a demandé la nationalisation temporaire de l’usine Luxfer, seul fabriquant en France de bouteilles d’oxygène médical. Le site a été fermé par un fonds d’investissement qui cherche à détruire les machines protégées par les ouvriers. Bruno Le Maire a refusé de lever le petit doigt et s’en est remis, comme toujours, à des investisseurs étrangers…

Alors que les pénuries de médicaments sont maintenant reconnues par tous, le gouvernement a refusé toutes nos propositions pour mobiliser la Pharmacie Centrale des Armées et l’Agence des équipements et produits de la Santé, capables de produire elles-mêmes nombre de molécules mais aussi de coordonner une nouvelle production nationale, puis un plan de relocalisation. Emmanuel Macron a d’ailleurs été pris en flagrant-délit d’incompétence sur le scandale du vaccin de Sanofi, promis aux Américains dans le dos des Français.

Même quand le contribuable paie, le gouvernement est incapable de défendre les usines et emplois industriels français. Comment accepter de mobiliser 5 milliards d’euros d’argent public à Renault sous la forme de prêts alors que le Canard Enchaîné a révélé entre 5000 et 9000 emplois menacés ?

Au contraire, les PME et les entreprises intermédiaires industrielles sont comme toujours méprisées par la technocratie de Bercy et Bruno Le Maire. Le 1er fabricant de lit français, ADOVA, avec 6 sites et 1000 employés, s’est vu refusé son prêt garanti alors que l’entreprise dégage des profits après de lourds efforts de restructuration et le maintien d’un savoir-faire « fabriqué » en France.

Le bilan est encore plus accablant dans les autres secteurs industriels : ces derniers sont victimes d’un lourd silence médiatique, les lumières étant focalisées sur l’épidémie.

Arcelor Mittal poursuit ainsi le démantèlement de la sidérurgie française. Profitant de la crise sanitaire, la multinationale a fermé un 1er haut-fourneau de Fos-sur-Mer le 23 mars et veut fermer le 2nd en juin, mettant 2500 salariés et 1500 sous-traitants au chômage tout en détruisant l’outil de production de plusieurs centaines de millions d’euros. A Florange en Lorraine, le groupe a fermé définitivement la cokerie alors qu’il avait promis de maintenir l’activité jusqu’en 2022 !

General Electric a aussi profité de la crise pour poursuivre le démantèlement d’Alstom à Belfort et en France. Le groupe a osé écrire à ses 270 sous-traitants pour demander une baisse de 20% de leurs prix ! Comment ces entreprises pourraient accomplir de telles coupes ? Il s’agit d’un chantage pour préparer de nouvelles délocalisations, en particulier les activités d’entretien et d’ingénierie de haut-niveau. Les syndicats ont démontré que la direction américaine de General Electric transférait des commandes de l’usine de Belfort vers ses sites américains tout en manipulant la comptabilité pour que les sites français passent artificiellement dans le rouge et soient fermés. Le gouvernement ne fait strictement rien et pour cause, c’est Emmanuel Macron qui a vendu Alstom à General Electric !

Enfin, rien ne change au niveau européen. Pendant que le gouvernement promet la main sur le cœur de tout changer, les signatures des traités de libre-échange déloyaux continuent ! Le 12 février, l’Union Européenne a signé un traité avec le Vietnam, accord accepté par le Conseil européen le 30 mars, y compris par le gouvernement français. Le 28 avril avec le Mexique ! D’autres accords sont prévus avec la Nouvelle Zélande, l’Australie, la Bolivie, l’Angola… Bientôt l’Inde, l’Indonésie et des dizaines de pays africains. Pire encore, le traité avec les Etats-Unis a bien été relancé contre l’avis de la France !

En réalité, les belles paroles du gouvernement ne valent rien car on ne peut attendre de ceux qui ont créé les problèmes qu’ils puissent les résoudre. Ce gouvernement, comme les gouvernements précédents, n’ont pas été des victimes de la désindustrialisation, ils l’ont bel et bien organisée ! Emmanuel Macron a été responsable comme Ministre de l’Economie du plus grand nombre de pillages industriels de la 5ème République (Alstom, Technip, Lafarge, Alcatel, etc.)

En restant soumis aux traités européens actuels et aux dogmes de la mondialisation sauvage, ils démontrent chaque jour qu’ils ne veulent rien changer aux malheurs de la France. Nous devons convaincre les Françaises et les Français de nous faire confiance pour appliquer une politique de rupture avec ce système, qui recréera une industrie française souveraine pour notre pays.

Nicolas Dupont-Aignan, Député de l'Essonne, Président de Debout La France