Alors qu’ils avaient survécu à toutes les menaces et à tous les régimes, des persécutions de Sapor Ier au IIIème siècle de notre ère à la dictature de Saddam Hussein (dont la laïcité relative garantissait il est vrai une certaine tolérance religieuse), ils sont aujourd’hui exposés aux conséquences catastrophiques de l’intervention américaine en Irak et du soutien des Etats-Unis à l’opposition à Bachar-el-Assad en Syrie : l’avènement d’un califat (autoproclamé) de l’Etat islamique en Irak et au Levant qui leur donne ce faux choix entre la conversion à l’islam, la valise ou le cimetière.

Une purification religieuse qui n’est pas si éloignée d’une purification ethnique, laquelle ne semble pas déranger plus que cela les gouvernements européens par ailleurs si sensibles à la cause antirusse de la nouvelle Ukraine.

Alors bien sûr, le ministre de l’Intérieur a promis que la France ferait son possible pour favoriser l’admission sur notre sol de réfugiés chrétiens d’Orient. Bien sûr, ce geste humanitaire devra avoir lieu et il faudra veiller à ce que notre pays y prenne toute la part qui lui revient.

Néanmoins, la première responsabilité du gouvernement français est de favoriser les conditions d’un maintien sur place de ces populations, qui n’ont nulle envie de quitter le pays qui est le leur depuis des siècles, depuis bien avant l’Hégire de Mahomet.

Au lieu de favoriser ou de provoquer par la guerre la chute de « dictateurs arabes » certes peu sympathiques mais qui garantissent la stabilité (et donc la paix) au Proche-Orient, la responsabilité de l’Occident, et particulièrement de la France qui doit recouvrer son autonomie diplomatique face à ses « alliés » européens et américain, est de permettre aux Chrétiens d’Orient de demeurer chez eux et d’y vivre paisiblement, sans persécution ni menaces.

A cet égard, François Hollande et Laurent Fabius, très en pointe dans la croisade occidentale contre la Syrie de Bachar-el-Assad, ne doivent pas échapper à leurs propres responsabilités : c’est leur politique insensée de soutien aveugle à l’opposition syrienne qui a contribué au chaos, dont le califat est le résultat. Ils doivent maintenant faire amende honorable et renouer au plus vite avec une politique servant à la fois l’intérêt national et la stabilisation du Proche-Orient.

Il paraîtra sans doute bien tard, mais il n’est jamais trop tard pour agir, sinon pour bien faire.