Les partisans de l’ordre établi communautaire, celui-là même que 55% des votants ont rejeté en France lors du référendum du 29 mai 2005 (dont nous nous apprêtons à célébrer le onzième anniversaire, déjà !), ne cessent de minimiser, d’ergoter, de noyer le poisson, d’atermoyer, de dédouaner leur grand dessein à coup de raisonnements biscornus et fallacieux. Mais, bien sûr, sans jamais parvenir à convaincre qui que ce soit d’autre qu’eux-mêmes – et encore... A cet égard, la descente aux enfers depuis une vingtaine d’années de l’européisme militant est autant impressionnante que définitive : encéphalogramme plat pour l’intégration supranationaliste qui va soi-disant « dépasser » les nations - et la démocratie qui va avec !

Evidemment, les méfaits du sans-frontiérisme européen n’y auront pas peu contribué : la liste à la Prévert des problèmes nouveaux ou aggravés qu’il vaut à notre pays n’en finit plus de s’allonger.

Qui a oublié la pression à la baisse terrible que font peser sur les salaires français les travailleurs détachés d’Europe de l’est et du sud ? D’après une évaluation du ministère de l’économie lui-même – rapidement mise sous le tapis – les travailleurs détachés clandestins seraient au grand minimum 300 000 dans l’Hexagone, sans compter ceux qui sont déclarés mais qui n’en constituent pas moins une concurrence déloyale inacceptable pour le travailleur français puisqu’ils sont assujettis à des cotisations sociales de misère… Une seule solution, que je réclame depuis des lustres, la suppression pure et simple de la circulaire dit des « travailleurs détachés ». Bien sûr, l’immigration clandestine existait avant Schengen, mais qui oserait contester que le sans-frontiérisme européen a à la fois considérablement aggravé le mal et rendu impossible toute résolution du problème ?

Même chose pour les Roms et autres populations déshéritées de l’ancienne Europe de l’Est, qui alimentent régulièrement la chronique : tandis que les pays de départ ne font rien pour retenir ces malheureux dont ils n’ont jamais su que faire, l’Europe de l’Ouest, opulente et naïve, est soumise à tous leurs trafics, à la mendicité agressive, au vol organisé, aux cambriolages industrialisés, voire au trafic de chair humaine. Le gang de plus quarante gosses à l’âge indéterminé et détroussant les touristes de Disneyland pour le compte de « clans » basés en Roumanie, nous l’a encore rappelé tout récemment. L’extrême difficulté des autorités à juguler cette criminalité, les moyens gigantesques qu’il faut mobiliser pour tout juste la contenir, montrent là encore le coût exorbitant que l’assouvissement de l’utopie sans-frontiériste impose à la majorité silencieuse.

C’est dans ce contexte de plus en plus chaotique et hors de tout contrôle qu’on apprend maintenant que la traite des enfants, y compris sexuelle, se développe de manière très inquiétante jusque sur notre propre sol. Le Monde du jour évoque ainsi « des groupes de quarante à quatre-vingts enfants agissant ensemble dans le métro parisien. » Il est fait état aussi de jeunes Algériens vivant dans une clandestinité totale et vraisemblablement à la solde de réseaux mafieux ! Pire encore, on parle de jeunes filles nigérianes de 14 ou 15 ans, qui seraient une centaine à se prostituer à Paris…

Cheval de Troie d’une mondialisation synonyme du retour de la jungle, l’Union Européenne désarme les Etats de leurs moyens régaliens et culpabilise les gouvernants comme les citoyens, sous les applaudissements des adorateurs du chaos, anarchistes de toujours et néolibéraux avides, les uns et les autres marchant désormais main dans la main.

L’un des enjeux majeurs de 2017 sera de rétablir des frontières dignes de ce nom sans plus se laisser impressionner par ces petits-pères-la-morale immoraux. Oui, il est possible de mieux maîtriser nos frontières, et plus généralement de reconstruire l’Etat. Mais à condition bien sûr d’en avoir la volonté et de s’en donner les moyens. C’est ce que je démontrerai ces prochains mois à travers mon projet pour la France.