En dépit des promesses électorales, la majorité n’a toujours pas réussi à corriger le système. Pire, la récente loi de novembre 2009, que j’ai été l’un des seuls à dénoncer, institutionnalise l’impunité en supprimant l’incarcération pour les condamnés à moins de 2 ans de prison ferme. Les réductions de peine sont toujours aussi extravagantes (la plupart des délinquants n’exécutent que la moitié de leur peine) et le programme de construction de nouvelles places de prison demeure très insuffisant (il sert surtout à remplacer les places que l’on ferme dans les locaux trop vétustes).

Il ne sert donc à rien de critiquer la magistrature puisque de toute façon l’Etat régalien ne se donne pas les moyens de jouer son rôle.

Voilà pourquoi j’ai déposé une proposition de loi supprimant les réductions automatiques de peines et obligeant chaque condamné à exécuter au moins les deux tiers de sa condamnation.

Voilà pourquoi aussi, il faut d’urgence construire les 20 000 places de prison qui manquent en France, permettant d’atteindre le niveau de la Grande-Bretagne et de disposer, pour chaque type de délinquant, d’une réponse carcérale adaptée.

Bien sûr ces deux mesures ne suffiront pas. Il faudrait aussi durcir les condamnations en cas de récidive, améliorer l’organisation matérielle de notre Justice en renforçant par exemple le nombre de personnels, comme les greffiers, et enfin assurer une vraie transparence en matière d’exécution des peines car, ne l’oublions jamais, la Justice est censée être rendue au nom du peuple français.

C’est d’un véritable plan Marshall dont notre Justice a besoin, d’un doublement de son budget pour la doter de moyens comparables à ceux engagés, par exemple, chez nos voisins britanniques et allemands. Hélas, ce n’est à l’ordre du jour ni au PS, ni à l’UMP, qui se contentent comme toujours d’aligner les promesses et les beaux discours, sans aller à la cause du mal.