Le projet de budget 2018 présenté par le gouvernement démontre pourtant aux Français que ce ne sont pas eux qui « foutent le bordel » dans notre pays et ruinent notre économie. Bien au contraire, cette « majorité silencieuse », celle qui travaille ou profite d’une retraite méritée après des années d’effort, n’a plus le pouvoir dans notre fausse démocratie et le paie au prix fort.

Les arbitrages du gouvernement sur les baisses et les hausses d’impôts vont tout simplement financer sur le dos de la classe moyenne les baisses immédiates et massives d’impôt pour une toute petite part de « super-riches ». Les Français ne doivent pas être dupes des belles promesses d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat et la récompense du travail qui cherchent à détourner l’attention de l’opinion sur les vrais enjeux. Ainsi les 10% des contribuables les plus fortunés vont récolter près de 50% des baisses d’impôts !

Il s’agit en réalité d’un véritable « Coup d’Etat fiscal » des hyper-privilégiés contre la classe moyenne.

La suppression de l’ISF pour les actifs financiers va coûter au moins 3 milliards d’euros et la «flat tax» de 30% sur les revenus du capital, jusqu’à 4 milliards d’euros. Soyons concrets, pour un trader qui gagne 1 million d’euros par an, cela revient à baisser ses impôts de 20% en un seul coup, soit un gain de 200 000 euros par an ! A titre de comparaison, le « bouclier fiscal » de Nicolas Sarkozy en 2008, qui limitait les prélèvements obligatoires totaux à 50% des revenus d’un foyer fiscal, coûtait seulement entre 700 millions et 1.2 milliard d’euros.

Ces mesures ne visent même pas à donner un coup de pouce aux classes moyennes supérieures, celles que Français Hollande avaient tondu avec ses impôts parce qu’il estimait qu’un foyer qui gagnait plus de 4000 euros faisait partie des riches au même titre que les milliardaires !

En réalité ces mesures ne concernent que les 10% des Français les plus riches car ce sont eux seuls qui possèdent l’essentiel des actifs financiers mobiliers tandis que la plupart des foyers français, même aisés, investissement dans l’immobilier, dans l’épargne populaire ou des assurances vies sécurisées. Or, non seulement le gouvernement a décidé de cibler les propriétaires immobiliers français mais il fait payer aux petits épargnants les largesses qu’il offre aux traders et aux banquiers d’affaires.

Ainsi la soi-disant «flat tax» ou « prélèvement unique forfaitaire » de 30 % sur les revenus du capital va augmenter les taxes sur les petits et moyens épargnants. Ces derniers payaient bien moins de 30%, et paieront désormais davantage.

De la même façon, le gel des taux d’intérêts des livrets d’épargne populaire est inacceptable alors que l’inflation remonte. Le livret A qui devrait, de l’aveu même de la Banque de France être au moins à 1%, voire à 1.25%, va rester bloqué à 0,75% ce qui signifie que les épargnants vont désormais perdre de l’argent ! Cette manipulation ne vise qu’à capter les économies des Français au profit de la spéculation banquière.

Cette mesure ne cherche même pas à défendre les entreprises car elle supprime au passage, l’abattement de 75% qui était proposé aux entrepreneurs en fin de carrière qui cédaient leurs entreprises à un repreneur pour faciliter la pérennité et la transmission des PME TPE. Les entrepreneurs eux-mêmes sont sacrifiés pour faire plaisir aux banquiers.

Les décisions d’Emmanuel Macron favorisent les spéculateurs, les traders, les rentiers, tous ceux qui font des profits massifs sans réellement participer à une prospérité durable pour l’économie française. Le gouvernement prétend que les gains des plus riches vont s’investir dans l’économie réelle. Cette « théorie de ruissellement » complétement ringarde, à laquelle plus personne ne croit depuis les années 1980, a échoué partout où elle a été appliquée et n’a eu pour seul résultat que l’explosion des inégalités et l’appauvrissement des classes moyennes.

Pour répondre à l’indignation que ces mesures ont provoqué dans l’opinion, les députés LREM ont pensé augmenter les taxes sur les yachts et les voitures de luxe. Leur projet pourrait rapporter… 10 millions d’euros contre un coût de 3 milliards d’euros pour la suppression de l’ISF. Cette fausse charité est un doigt d’honneur à l’intelligence des Français.

On est bien loin de la révolution fiscale que je proposais à la Présidentielle, qui visait à réduire effectivement tous les impôts de ceux qui investissaient vraiment dans l’économie productive et le « fabriqué en France ». Je proposais de diviser par deux les impôts pour ceux qui investissaient en France. Il est légitime que le talent et le travail rapportent des bénéfices à ceux qui prennent des risques financiers. Ainsi, je propose toujours de déduire 100% de l’ISF pour des investissements dans des PME produisant en France. L’Etat doit encourager les comportements qui favorisent l’intérêt général et la croissance économique en France, pas la spéculation et les opérations boursières.

Or qui va payer ces transferts financiers massifs en faveur des plus aisés sinon les impôts payés par les Français normaux ? Je pense en particulier à la hausse de la CSG de 1,7% qui ne sera pas compensée pour les retraités. Cependant, les retraités n’en seront pas les seuls et l’étalement des mesures en faveur du pouvoir d’achat des salariés alors que les cadeaux aux plus riches sont faits immédiatement en dit long sur les objectifs réels du Président de la République et du gouvernement.

Ce « Coup d’Etat Fiscal » n’est rien d’autre qu’un détournement de l’intérêt général en faveur d’intérêts financiers particuliers ; une classe sociale particulière, celle des ultra-privilégiés, a trouvé et fait élire son Président qui désormais lui rend la pareille par des cadeaux fiscaux. Au Parlement, les centaines de nouveaux élus LREM, largement issus des mêmes catégories sociales et des élites mondialisées, ne pensent plus à l’intérêt général. Ils sont de passage entre deux plans de carrière.

Ce comportement est indigne de notre démocratie, complètement dévoyée de son sens original. Le mandat de M. Macron risque de coûter très cher aux Français s’ils ne réagissent pas devant ce comportement de prédateur.