Grâce à une directive européenne de 1996, les travailleurs de l’Union européenne peuvent travailler dans des entreprises françaises dans des conditions incitant au dumping. Seules les charges de leur pays d’origine sont imputées sur leurs salaires, ce qui permet de réaliser une économie de 30 à 40 % sur le coût du travail.

Nos PME sont doublement les victimes de cette politique actuelle : d’abord parce qu’elles croulent sous les charges imposées par une politique socialiste folle de matraquage fiscal, ensuite parce qu’elles subissent le dumping salarial et social des travailleurs détachés venus des pays de l’Est.

Au nombre d’environ 350 000 en France, les travailleurs détachés sont la face visible d’une Union européenne qui impose le nivellement par le bas à notre pays. Comment, en effet, nos entreprises pourraient être compétitives quand le SMIC roumain est environ dix fois plus bas que le SMIC français ? Preuve en est, dans le transport routier, la part de marché internationale des transporteurs français est passée de 46 à 17% de 1999 à 2010.

Ce système fou est bien rôdé : lorsque les emplois ne sont pas délocalisables vers les pays émergents, les entreprises relocalisent des salariés low-costs pour faire baisser leurs coûts de production ou créent même, parfois, des filiales dans les pays membres à bas salaires pour y affilier leurs salariés français !

Soyons bien clairs, ce ne sont en aucun cas les entreprises qui sont responsables de cette situation. Le recours aux travailleurs détachés explose au moment où l’on demande toujours plus d’efforts de compétitivité à nos PME dont les dirigeants, matraqués fiscalement, n’ont plus d’autre choix que de faire des choix radicaux. Les vrais responsables sont nos dirigeants au pouvoir.

La mascarade a assez duré. En voulant simplement davantage contrôler ce système, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne règle en rien ce problème. Si l’on continue dans cette direction, c’est la fin de notre système social français. La seule solution est la suppression de cette directive et le rétablissement des contrôles aux frontières.

Tout l'enjeu des élections européennes de mai 2014 sera de savoir si nous laissons notre pays foncer dans le mur ou bien si nous choisissons le sursaut.