Des organisations supranationales sans aucune légitimité démocratique sont en train de ruiner et de spolier un membre de l’Union européenne… et tout cela serait normal !

Il est vrai que la classe politique grecque habitée plus encore que chez nous par une fausse alternance leur facilite le travail. Pour autant, il est indispensable, au moment où ce peuple se sent abandonné de tous, culpabilisé, vidé de sa substance sur le plan économique, social et surtout moral, d’aller lui dire : vous n’êtes pas seuls, vous devez résister, vous pouvez agir autrement.

L’enjeu n’est pas pour moi simplement de partager l’indignation si légitime soit-elle du peuple grec, mais bien de lui proposer une voie raisonnable et solide de sortie de crise.

Aider la Grèce à retrouver sa souveraineté pour mener une politique conforme à ses intérêts, c’est bien sûr aussi servir l’Europe toute entière. Car, n’en doutons pas, non seulement le plan d’austérité est choquant, mais il est totalement inefficace.

En asphyxiant l’économie grecque, l’Union européenne et le FMI scient la branche sur laquelle ils sont assis. Dans les faits, ils sont les idiots utiles d’un système financier mondial qui sait très bien que la Grèce devra sortir de l’euro et ne pourra pas rembourser toutes ses dettes, mais qui profite des plans de soutien pour refiler ses créances douteuses sur le contribuable corvéable à merci.

La Banque Centrale européenne a déjà racheté 45 milliards de dette grecque, les Etats 100 milliards ; et maintenant, ils veulent aller encore plus loin pour plus de 60 milliards supplémentaires. Au terme de ce tour de passe-passe extravagant, les deux tiers de la dette grecque ne seront plus détenus par les banques mais par les Etats. Des Etats qui ne se privent pas de demander toujours plus de sacrifices à leur population au nom de la soi-disant bonne gestion.

Ce sont donc les peuples qui sont les premières victimes de ce piège de l’endettement mis en œuvre et soutenu par les dirigeants européens au profit d’une petite oligarchie qui s’exonère de toute responsabilité.

A Athènes demain, je proposerai la sortie de l’euro, une restructuration en douceur de la dette, une relance de la croissance et de l’emploi, une nouvelle coopération entre les Etats européens.

Dans ces périodes troublées où le monde craque sous le réveil des peuples, il est vital que des consciences, d’où qu’elles viennent, s’élèvent et proposent un autre destin. La tâche est bien sûr périlleuse car ce sont toujours dans ces mêmes périodes que les récupérations excessives peuvent abuser des colères populaires.

Raison de plus pour se relever les manches !