Un peu comme au grand cabaret de Patrick Sébastien, les tours de magie se succèdent mais l’on sait bien qu’il y a à chaque fois un truc.

Hier, les chefs d’Etat, principalement Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont voulu faire croire qu’on était sur la bonne voie, qu’ils s’étaient donné enfin les moyens de résoudre plus durablement la crise. En vérité, il n’en est rien. Ils n’ont fait que gagner un peu de temps.

Premier tour de magie. On veut nous faire croire que les banques vont enfin faire un effort. Certes la Grèce fait partiellement défaut (ce que j’avais demandé il y a déjà plus d’un an et que Mme Lagarde me disait impossible), mais ne nous y trompons pas, ce sont les Etats et donc les contribuables qui, par la recapitalisation des banques, vont en éponger le coût.

Une recapitalisation des banques qui ne s’accompagne d’aucune réforme de ces dernières. Pas de séparation des banques d’investissements et de détails, pas de changement des dirigeants, pas de réduction des salaires extravagants.

Le deuxième tour de magie concerne le fameux fonds européen de secours. Les dirigeants ont voulu l’augmenter pour faire face à la menace d’un défaut espagnol ou italien. On nous parle de 1000 milliards sans pour autant, comme l’exigeaient les Allemands, engager la crédibilité de la Banque Centrale européenne.

Mais, qui va payer cette fuite en avant dans l’endettement ? Bien évidemment, en dernier ressort, les contribuables. Des contribuables à qui on va demander dès maintenant de fournir des efforts considérables sur les retraites, le pouvoir d’achat, les impôts. Là aussi les mots utilisés ont pour objectif de manipuler les esprits, car ces « fameux efforts » ne sont que des sacrifices inutiles. Loin de réduire les déficits et la dette, ces nouvelles mesures vont à l’exemple de la Grèce plonger le Sud de l’Europe et la France dans le cercle vicieux de la récession.

Tous ces pays ne pourront pas s’en sortir pour la simple raison que l’on ne traite pas la cause du mal. Comme un médecin qui assommerait le malade de médicaments plutôt que d’enlever l’abcès qui devient purulent.

La cause bien sûr est cette monnaie unique, l’euro trop cher qui asphyxie les économies du Sud et celle de la France, les empêchant de restaurer leur compétitivité. Quelle inconscience des chefs d’Etat !

Le troisième tour de magie consiste à présenter la mise en œuvre d’un fédéralisme dictatorial comme le nec plus ultra de la gouvernance économique européenne.

Conscients bien sûr de la résistance des peuples d’Europe, les oligarques de Bruxelles au service d’intérêts financiers extravagants veulent les dompter. Des Commissaires économiques dicteraient ainsi leurs lois budgétaires aux différents Etats.

Ce serait définitivement la fin de nos démocraties nationales qui sont justement nées du principe que seuls les élus du peuple peuvent décider de lever l’impôt. Après avoir abandonné nos frontières, notre monnaie, il faudrait en finir avec le principe fondamental de la légitimité démocratique, de la responsabilité politique.

D’ailleurs cela a déjà commencé puisqu’à Athènes, pays désormais occupé, dans chaque administration les fonctionnaires bruxellois viennent dicter leur politique.

La belle idée européenne de départ censée réconcilier les peuples et porter le progrès économique et social est dénaturée par cette Union européenne qui divise les Nations et humilie les peuples.

Le sourire moqueur à la limite du racisme de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel à l’égard de Silvio Berlusconi symbolise cette dérive sans précédent qui peut mener cette fois-ci à l’explosion du continent.

Mais les tours de magie ne durent qu’un temps.

Comment imaginer construire l’avenir en reniant deux principes fondamentaux. Le principe démocratique qui structure nos pays, nos Nations depuis des siècles et les lois de l’économie réelle. Aucun pays avec une monnaie trop chère ne peut s’en sortir, aucun régime qui s’assoit sur la volonté populaire ne peut durer.

Voilà pourquoi, il nous revient de préparer l’inéluctable alternative politique. Un jour ou l’autre la France, comme toujours dans son histoire, parce qu’elle est une Nation profondément politique, éprise de liberté, montrera le chemin aux peuples d’Europe.

C’est bien un combat de libération nationale qu’il nous faut entamer. Reconquérir le pouvoir politique, restaurer notre démocratie, rebâtir notre économie en relocalisant nos productions, donner un idéal collectif, renouer enfin avec de vraies coopérations européennes entre Etats libres autour de projets concrets.

Voilà notre feuille de route. La lutte a commencé !