Il aura donc fallu attendre un an pour que l’évidence commence à s’imposer dans les esprits même si elle est toujours tue dans la plupart des médias.

La Grèce, bien évidemment, ne peut pas survivre économiquement et donc socialement et politiquement avec une monnaie surévaluée qui la broie.

L’aveuglement, l’entêtement, l’inconscience des dirigeants européens sont impressionnants. Un an après leur fameux plan d’aide à la Grèce qui n’était en vérité qu’un plan d’aide aux banques, c’est le grand fiasco.

Dans leur fuite en avant, ils vont même jusqu’à vouloir se payer sur la bête en imposant un programme de privatisations scandaleux qui s’apparente à une saisie au moindre coût.

Et dire que ces tartuffes prônent dans tous les discours l’entente entre les peuples et le respect des autres !

Le peuple grec ne peut que réagir face à cette nouvelle occupation qui lui rappelle de sombres souvenirs. Mais le pire, c’est que cette saisie ne réglera rien car, comme le disait justement un éditorialiste ce matin, l’Union européenne ne fait que regonfler un pneu crevé sans vouloir d’abord boucher le trou.

Mais le scandale n’est pas qu’en Grèce. Les Français doivent savoir que cet entêtement de leurs dirigeants à vouloir sauver les banques et un euro qui ne fonctionne pas, risque aussi de leur coûter très cher.

Ainsi dans la quasi indifférence générale, la France aurait déjà versé près de 9 milliards d’euros, soit l’équivalent des économies annoncées pour la réforme des retraites !

Nos concitoyens qui vont devoir travailler plus ou rester au chômage jusqu’à 62 ans sans toucher leur retraite, les femmes qui découvriront avec effroi la faiblesse de leur pension, seront heureux sans aucun doute de savoir que l’argent économisé sur leur dos a servi, non pas d'ailleurs à renflouer la Grèce, mais à limiter les risques pour les banques.

Car, n’en doutons pas, tout le monde sait aujourd’hui - sauf peut-être quelques éditorialistes parisiens - que la Grèce va faire défaut sur sa dette et obligatoirement, si elle veut s’en sortir, quittera l’euro.

Alors tout le monde réalisera comment l’entêtement au service d’un dogme et de gros intérêts peut faire perdre du temps et coûtera cher au peuple.

L'enjeu de 2012 et l'essence de mon combat politique est - vous l'avez compris - d'éviter que cette situation ne se produise dans notre pays.