On se demande comment tant d’Italiens, de Polonais, de Maghrébins, d’Asiatiques ont pu et peuvent survivre et s’implanter en France. Car à en croire le complexe politico-médiatique, notre pays serait consubstantiellement raciste. Pourtant, depuis le XIXe siècle, aucun pays au monde sinon les Etats-Unis n’a accueilli autant d’étrangers. Certes, l’opération provoqua parfois des heurts sanglants, mais s’il est un peuple qui s’est montré généreux envers les immigrés, c’est bien le nôtre.

Depuis quarante ans, fascinées par le modèle multiculturel anglo-saxon, nos élites abandonnent le modèle républicain d’intégration. A l’image de l’apprentissage de la lecture à l’école, ce qui fonctionnait est peu à peu remplacé par une expérimentation. C’est toute la société française qui devient ainsi le laboratoire d’idéologues habités en l’occurrence par la haine de soi et l’idéalisation de l’autre. L’immigration, pour eux, est vertueuse par essence. Toutes les enquêtes d’opinion manifestent la peur des Français face à la submersion migratoire organisée par notre Etat et l’Union européenne. N’en déplaise aux belles âmes, cette peur n’est pas irrationnelle mais le fruit de l’expérience quotidienne de nos compatriotes. Oui, le changement de peuple génère des tensions, une explosion de la délinquance et un dramatique retour en arrière sur, par exemple, le droit au blasphème ou l’égalité entre les sexes.

Le racisme est une chose trop sérieuse pour la laisser aux antiracistes professionnels. Bien sûr, en France comme ailleurs, il est une réalité. En ce qui me concerne, je l’ai toujours combattu. Dans mon esprit, être Français, c’est vouloir le devenir et donc adopter l’histoire, la culture et les mœurs françaises. Dès lors, ce n’est ni une affaire de couleur de peau ni une affaire de religion. Mais cela implique forcément de renoncer à une part de son héritage pour recevoir celui de la France. C’est parce que trop de nos compatriotes d’adoption refusent désormais cette dévolution que le pays se fragmente. L’idéologie antiraciste vient alors accabler les Français de souche, coupables selon elle de ne pas accepter d’être dépossédés, de ne pas faire suffisamment de place aux autres, de vouloir vivre comme leurs parents avant eux. Le juste combat contre les discriminations tourne ainsi au procès continuel des « blancs » et à la promotion de minorités supposément opprimées. Certain racisme est même sociétalement toléré : quand le rappeur Nick Conrad chante Tuez les bébés blancs, le tribunal de Paris le condamne à… 5000 euros d’amende avec sursis !

L’extension de la définition du racisme à la critique de certains comportements culturels ou de pratiques religieuses contraires à nos traditions et nos valeurs est un piège tendu par les communautaristes désireux de dominer. La récente polémique autour du hijab de course à pied de Décathlon a montré une fois encore comment les islamistes bon teint tentent de nous faire culpabiliser afin de tenir leur agenda politique. Défendre nos principes serait exclure une partie de la population ! Mais en défiant la laïcité à l’école ou l’égalité entre femmes et hommes sur les terrains de sport, ce sont ces femmes qui s’excluent elles-mêmes ! Le rôle d’un responsable politique, du moins de celui qui aime son pays, n’est pas de reculer devant ces provocations.

Tous les actes racistes au sens propre du terme doivent être sévèrement punis. Notre droit le permet. Les discriminations à l’embauche ou pour la location d’un bien immobilier ne sont pas acceptables. L’Etat est chargé de protéger chaque citoyen contre l’arbitraire de quelques-uns. Cela dit, il nous faut avoir en tête la récupération de l’antiracisme par des courants dont l’objectif est justement de jeter les Français les uns contre les autres – sans parler de ceux qui le font dans un but bassement électoraliste. Le moyen le plus efficace de lutter contre le racisme, c’est de limiter l’immigration, promouvoir l’intégration et châtier tous les prêcheurs de haine. Parmi ces derniers et comme le laissait à penser Alain Finkielkraut, les patriotes ne sont certainement pas ceux qui auraient le plus à craindre la justice.