Le 27 juin 2006 l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne avait été adoptée à main levée à l’Assemblée nationale. A l’époque le vote avait même été applaudi par les députés UMP comme on peut le lire dans le compte-rendu de séance consultable ici. Cinq ans plus tard le 23 mars 2011 à l’occasion d’un débat sur l’espace Schengen et sur l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, j’avais pu prendre la parole dans l’hémicycle. Vous pouvez là encore en retrouver le compte-rendu de séance en cliquant ici. Comme en 2006 j’avais alerté tant l’UMP que le PS de cette folie qui consistait à faire entrer deux pays au niveau de vie très bas, avec des minorités en grande souffrance, dans un espace sans frontière.

On m’avait traité à l’époque de Cassandre. On nous avait expliqué avec des trémolos dans la voix que ces deux pays ne rentraient pas dans Schengen, que leurs citoyens ne pouvaient pas travailler avant longtemps dans les autres pays et qu’il n’y avait donc aucun souci à se faire. Pour évacuer le problème, on avait expliqué aux Français qu’il n’y aurait aucun…

Malheureusement ce qui devait arriver, arriva. Même si ces pays ne sont pas dans l’espace Schengen, leurs ressortissants ont le droit de circuler librement et de rester, dans n’importe quel autre pays de l’Union, trois mois. Il leur suffit par exemple de franchir la frontière entre la Belgique et la France pour revenir trois mois de plus. De surcroît, comme les douaniers ne tamponnent plus les passeports aux frontières, personne ne peut vraiment savoir à quelle date sont arrivés sur notre territoire les Roms. Bien malin qui peut dire si le Rom installé en France est là depuis 3 mois ou plus…

Voilà pourquoi on assiste depuis quelques années à une arrivée massive de la communauté Rom dans notre pays.

Les gouvernements de droite, puis de gauche, évacuent les camps de Roms mais comme la cause du problème n’est pas traitée, ils se réinstallent quelques centaines de mètres plus loin.

Pire encore, à partir du 1er janvier 2014, la période de 7 ans où l’accès au marché du travail était réglementé pour les citoyens roumains et bulgares s’éteint. Cela va de soi que l’immigration va s’accélérer, s’amplifier compte tenu de l’extrême pauvreté de ces populations dans leur pays d’origine.

J’ai eu plusieurs camps de Roms dans ma circonscription, dont l’un à Vigneux-sur-Seine. Il faut avoir visité de tels campements pour comprendre que les paroles de tous ceux qui défendent ces populations sont d’une hypocrisie totale. Bien sûr, chaque cas individuel est tragique et on ne peut que s’émouvoir devant une telle misère. Mais qui organise cette misère ?

Quand la République française est à genoux devant un chef mafieux qui couvre la prostitution de gamines de 14 ans et qui envoie des gamins de 8 ans mendier dans Paris, c’est toutes nos valeurs qui volent en éclats pour satisfaire les lubies de quelques idéologues sans-frontiéristes.

Pendant des mois la République s’est arrêtée à la frontière du camp de Vigneux, comme d’ailleurs dans tous les camps illégaux de France. Quelques mois après le démantèlement du camp, des groupes de Roms sont déjà en train de revenir à Vigneux.

Aujourd’hui nous avons le retour de bâton de lois et traités acceptés par l’écrasante majorité de la classe politique. Il devrait y avoir une loi interdisant de se plaindre des conséquences de ce qu’on a soi-même provoqué. Cela éviterait le spectacle pathétique donné par ceux qui, à droite comme à gauche, semblent découvrir le problème Roms.



Maintenant il s’agit de réparer les erreurs. Pour cela il n’y a pas 36 solutions ; il y en a 3 :

  • renégociation des traités européens pour le contrôle aux frontières
  • arrêt des aides européennes accordées à la Roumanie
  • démantèlement des camps illégaux

Il y a urgence. Et de grâce que l’Union européenne nous épargne ses leçons de morale car c’est bien à cause d’elle, de son dogme d’ouverture totale des frontières, de marché unique d’exploitation des femmes et des hommes, que nous en sommes là.