Jamais depuis la seconde Guerre mondiale un ennemi aussi féroce et implacable ne s’est ainsi dressé contre l’Humanité tout entière. La France, inventrice de la laïcité qui permet la coexistence et même l’alliance autour de valeurs transcendantes de communautés aux horizons religieux et culturels différents, est la première visée. C’est son sentiment national universaliste et son projet de société ouvert qui sont menacés par ce nouveau fascisme, dont la vision du monde, la guerre totale entre les civilisations, est l’exact contraire de la nôtre. Daesh voudrait faire entrer la France dans le cercle vicieux de la guerre de religion. Des millions de Français de confession musulmane pratiquent et vivent leur foi dans le respect des autres et de la République et il faut tout faire pour qu’ils ne soient pas salis par les nouveaux égorgeurs.

Ainsi, c’est avec la pleine conscience de ce que nous sommes et du piège qui nous est tendu, qu’il faut mettre à l’écart ces fanatiques.

Tout d’abord, il va de soi que les binationaux embrigadés chez Daesh doivent être déchus de la nationalité française. C’est la seule réponse face à ceux qui ont décidé de prendre les armes contre leurs propres compatriotes, qui ont fait le choix de trahir délibérément et définitivement les leurs. Car, faut-il le rappeler, être citoyen français, ce n’est pas seulement avoir des droits. C’est aussi avoir le devoir de défendre son propre pays, qui mérite autant que tout autre respect et loyauté.

S'attaquer à son propre pays, c'est l’abjurer et le quitter sans espoir de retour. Porter les armes contre la France, c’est ne plus mériter d’en faire partie.

Par ailleurs, concernant les djihadistes de nationalité française de retour en France, qui ne peuvent évidemment pas devenir apatrides, je propose une mesure simple : l’assignation à résidence et pour les cas les plus graves la mise à l’isolement dans un centre de rétention adapté et éloigné de la métropole.

Pourquoi ne pas ouvrir un tel centre en Guyane, où ces individus pourraient être pris en charge en toute sécurité ? Il ne s’agit pas de créer une justice d’exception mais d’adresser un signal très clair à des jeunes touchés par le fanatisme : il n’y aura pas de retour comme avant dans notre pays.

Nous n'avons pas d'autre choix que d'incarner l'autorité plutôt que le compromis, la fermeté plutôt que le dialogue.