Il n’y a pas en effet d’efficacité politique sans cohérence entre les discours et les actes. Le gouvernement actuel s’effondre car dans la plupart des domaines, il fait preuve d’INCOHERENCE.

Prenons un seul exemple, la réforme des rythmes scolaires.

On peut trouver des justifications au raccourcissement de la journée de travail des écoliers et à l’ajout d’une demi-journée d’école pour mieux étaler l’apprentissage des élèves. Le Ministre, Vincent Peillon défend d’ailleurs sa réforme avec conviction.

Mais là où le bât blesse c'est que cette réforme est totalement inapplicable. Inapplicable par manque de cohérence.

Incohérence tout d’abord au sein de l’Etat. Pour que cette réforme passe, il fallait tout simplement que l’Education Nationale assume les heures de cours qui avaient été supprimées par le précédent gouvernement. Où sont-elles passées ? Que font les enseignants ?

Il suffisait d’aménager le temps différemment et de mettre fin aux pseudos réunions pédagogiques qui ont remplacé semble-t-il les cours du samedi matin d'il y a quelques années.

En un mot, pourquoi le gouvernement ne va-t-il pas au bout de la réforme, pourquoi n'en assume-t-il pas toute la logique ?

Deuxième incohérence. Le gouvernement demande aux communes de prendre en charge les enfants pendant les 3 nouvelles heures de temps périscolaire créées par sa réforme. Outre le fait qu'il impose sans concertation réelle cette mission supplémentaire aux communes, dont ce n'est pas le rôle, comment ne pas voir un nouveau transfert de charges à leur détriment au moment même où l'Etat réduit les dotations aux collectivités locales et où la Cour des comptes appelle, rapport après rapport, à mieux maîtriser la dépense publique locale ?

Pour la première fois, pour cause de rigueur budgétaire, l’Etat va baisser son soutien aux communes et au même moment il leur impose une réforme au coût extravagant ? !

Troisième incohérence. Ce même gouvernement fixe une grande ambition pour la petite enfance, c'est-à-dire le développement des crèches.

Par exemple, nous avions dans ma commune un plan négocié avec la Caisse d’Allocations Familiales visant à ouvrir de nouvelles crèches. La réforme des rythmes scolaires, telle qu’imposée par le gouvernement, va nous coûter 650 000 euros (recrutement des animateurs, transport supplémentaire, cantine supplémentaire le mercredi midi). Cette somme représente exactement par an le coût de fonctionnement des 80 places de crèches que nous avions prévues.

Mieux vaut-il offrir des solutions de garde des jeunes enfants aux parents qui travaillent, ou organiser des cours de zumba pour palier l'abandon par l'Education nationale des élèves en milieu de journée ? La réponse tient dans la question.

Quatrième incohérence. Le Ministre parle toute la journée d’excellence scolaire. Il tire aussi la sonnette d'alarme, à raison, sur le recul de la France dans tous les classements éducatifs internationaux.

Alors la question est simple : pourquoi une réforme qui va coûter des centaines de millions d'euros qui vont être déversés uniquement pour recruter des animateurs au demeurant très respectables, mais n’apportant pas un enseignement là où on en a tant besoin (apprentissage du français, calcul, repères historiques) ?

Cinquième incohérence Le gouvernement parle toujours d’égalité. Il a raison. L’égalité des chances est le socle d’une République vivante et apaisée.

Mais cette réforme va accroître les inégalités entre les communes riches qui pourront se payer des activités épanouissantes à défaut d’être instructives, et les communes pauvres qui ne vont que surveiller les récréations toujours plus longues. Inégalité aussi entre communes rurales et communes urbaines, les premières peinant encore plus que les autres à meubler le temps périscolaire.

En définitive, cette réforme est totalement absurde. Les bons sentiments n’ont jamais fait une politique et encore moins une politique réussie.

Pierre Mendès France rappelait que « gouverner, c’est choisir ».

Je demande donc au gouvernement d’annuler cette réforme et de reprendre en main son ministère pour une vraie politique d’instruction publique et d’épanouissement de l’enfant.