La réunion de la Commission hier était surréaliste. Le Ministre, qui au fond de lui-même doit bien être conscient de ce qu’on lui fait faire, en rajoutait pour nous expliquer que François Hollande avait « réorienté l’Europe » en faveur de la croissance. Le Président a effectué un virage à 180°, osant jusqu’à promouvoir ce qu’il dénonçait pendant la campagne.

Hier les députés socialistes m’ont fait de la peine. Ils ne savent plus où ils habitent car, là aussi, il faut de l’audace pour se renier à ce point.

Mais plus grave encore, comment accepter de voir les deux forces politiques traditionnelles du pays, l’UMP et le PS faire à ce point preuve d’esprit de démission ? Comment des élus de la Nation peuvent s’amputer à ce point du cœur de leur compétence qui est de voter le budget et l’impôt ? Tous faisaient assaut dans leurs interventions de soumission à la Commission de Bruxelles, à l’Allemagne, aux marchés financiers.

En fait, ils ne croient plus en eux-mêmes. Ils ne croient plus en la France. Aux abois, ils placent le Parlement sous tutelle extérieure. Mais bien évidemment, ils refusent de le reconnaitre et n’hésitent pas à trouver tous les prétextes pour s’y résoudre.

Et au même moment, la Grèce est en grève générale et les violences commencent à Madrid. La plupart des économistes - les vrais, pas ceux payés par les patrons du CAC 40 pour ânonner leurs sottises dans les JT - tirent la sonnette d’alarme expliquant l’absurdité de lancer des plans d’austérité en pleine récession.

Du traité de Troyes aux pleins pouvoirs donnés à Pétain, curieuse propension des élites françaises à se soumettre pour le plus grand mal du pays.

Ce qui est encore plus extravagant aujourd’hui, c’est que la France n’est pas occupée, n’a pas été vaincue militairement. Elle dispose de vrais atouts. Et pourtant, ses dirigeants abandonnent leur pouvoir pour mener une politique économique suicidaire qui nourrira toujours plus de chômage et donc de troubles sociaux.

Après avoir supprimé sa monnaie, supprimé ses frontières, la Nation se prive de l’arme budgétaire. Il est temps que le peuple réagisse.

C’est tout le sens de notre pétition nationale.

C’est tout le sens du patriotisme républicain que nous présentons aux Français.

C’est tout le sens du combat des prochaines élections européennes que nous devons préparer dès maintenant.