Dans le même registre, le vaincu de 2012 ne cesse d'agiter des promesses de référendum tous azimuts que les observateurs ont beau jeu d'étriller. Comment celui qui n'a pas organisé un seul référendum durant son quinquennat, et qui a perdu tous ceux où il s'était un tant soit peu impliqué (Corse, Alsace, etc.), peut-il aujourd'hui en promettre un par jour ?!

La critique est imparable. Mais chez beaucoup de ceux qui l'entonnent, journalistes et politiques - y compris parmi les autres candidats à la primaire dont certains, eux aussi, redécouvrent soudainement les vertus du référendum -, il y a un argument qui n'est jamais employé : le fait que Nicolas Sarkozy est le seul dans l'histoire de notre pays à avoir piétiné un référendum en faisant voter le Congrès contre le peuple. Cette inexcusable et gravissime forfaiture, qui disqualifie sa prétention à mettre ses pas dans ceux des Pasqua et Séguin, il l'a commise en faisant ratifier en février 2008 le traité de Lisbonne qui n'était qu'une misérable resucée du Traité constitutionnel européen, massivement rejeté dans les urnes le 29 mai 2005.

On a pu prétendre que Sarkozy avait annoncé la couleur durant la campagne présidentielle de 2007, mais c'est un argument de la plus parfaite mauvaise foi, car ce que promettait alors le candidat de l'UMP c'était un "mini-traité", en aucun cas le monstrueux traité de Lisbonne. On a aussi entendu que le Parlement était aussi légitime que le suffrage universel lui-même pour invalider le verdict de 2005 : mais pour que ce fût vrai, encore aurait-il fallu que le Parlement ait siégé à la manière d'une assemblée constituante, à l'issue d'une campagne électorale explicitement consacrée à la ratification ou non du traité européen. Bien sûr, il n'en a rien été...

Alors, pourquoi une critique aussi considérable et évidente est-elle épargnée à Nicolas Sarkozy sur les estrades, sur les plateaux de télévision ou dans les colonnes des éditorialistes ? Tout simplement parce que tout ce joli monde s'est bien gardé lors du coup de poignard dans le dos du peuple français d'élever la voix, de simplement se demander si la chose ne posait pas ne serait-ce qu'un tout petit problème démocratique. Qu'ils ne l'aient même pas fait montre leur cynisme, leur absence de scrupule à s'être fait les complices de ce coup scélérat porté à la République.

Bien malgré lui, en agitant des référendums en chocolat sur tout et sur rien, Nicolas Sarkozy fait sortir du placard des fantômes qui rappellent combien la classe politico-médiatique est autant responsable que lui de la crise démocratique sans précédent minant notre pays.

Seul un véritable renouvellement politique, à la fois ferme et responsable, pourra nettoyer à grandes eaux ces écuries d'Augias. C'est tout le sens de ma candidature à la présidentielle de l'année prochaine.