Comment s’en étonner quand, depuis des années, la justice, encouragée par les politiques de droite comme de gauche (en atteste la loi Dati de 2009), fait preuve d’un laxisme incroyable vis-à-vis de tous les crimes et délits dont sont notamment victimes les gendarmes et policiers !

En août 2010 aux Tarterêts à Corbeil, des policiers avaient été pris dans un véritable guet-apens. A coups de marteau, de jeunes voyous avaient enfoncé le crâne de l’un d’entre eux. Arrêtés et jugés, ils n’avaient été condamnés qu’à 7 mois fermes. Pire, ils avaient été relâchés car en vertu de la loi Dati de 2009, le Juge d’application des peines peut convertir la sanction en peine alternative.

On ne compte plus le nombre d’insultes, de menaces, de jets de pierres, voire d’agressions physiques directes, sur les représentants de l’ordre public. A chaque fois c’est le même scandale, les auteurs sont légèrement condamnés et ne font rarement de la prison.

J’ai été obligé dans ma ville de faire déménager une policière municipale qui habitait un quartier à problèmes car elle était en permanence menacée par trois petits voyous.

Aujourd’hui la peur a changé de camp. Nos policiers, nos gendarmes, nos pompiers, vivent un enfer quotidien car les délinquants savent qu’ils échapperont à toute véritable sanction.

En Angleterre, un policier peut se promener seul car il sait que celui qui s’attaquera à lui pourra passer des années en prison.

Et c’est à ce moment que le Garde des Sceaux répète en boucle sur les ondes que la prison favorise la récidive et qu’il faut donc… la supprimer !

Comme je l’ai expliqué avec Norman Charles, notre délégué national à la sécurité, et Thierry Giorgio, notre délégué national à la Justice, le raisonnement de Mme Taubira est totalement faux. Car s’il est évident qu’un environnement carcéral mal géré peut favoriser la récidive (d’où la nécessité d’en finir avec la surpopulation des prisons par la construction de 20 000 places supplémentaires), à l’inverse l’absence totale d’incarcération favorise le sentiment d’impunité et donc la délinquance. Tous les chiffres le prouvent.

A chaque délit doit correspondre une sanction CERTAINE, RAPIDE et PROPORTIONNEE.

Ce n’est plus le cas du tout aujourd’hui dans notre pays et si par malheur la réforme Taubira était adoptée, la situation serait encore plus explosive. Tous les représentants syndicaux des policiers, dans un parfait unisson, le soulignent à bon droit.

Nos policiers et nos gendarmes sont là pour garantir notre sécurité, faire respecter la loi de la République, garantir la cohésion sociale.

J’ai honte quand je vois ce qui se passe dans notre pays car quand un policier est sifflé, insulté, c’est toute la Nation qui est méprisée.

Je veux dire aux forces de l’ordre qui sont aujourd’hui accablées et oubliées par les pouvoirs publics, combien les Français pensent à eux et souhaitent à une très large majorité, au-delà des clivages politiques, que la justice, sereine mais avec la sévérité requise, puisse à nouveau passer au nom du peuple français.