En effet, ce sont les mêmes dirigeants et les mêmes technocrates hors-sol qui ont complètement échoué économiquement depuis 10 ans, les mêmes qui ont dilapidé des dizaines de milliards d’euros du contribuable européen pour sauver un système destructeur d’emplois, les mêmes qui ont refusé à l’Europe le droit pourtant élémentaire de se protéger, les mêmes qui ont été désavoués par référendum, qui prétendent aujourd’hui sauver l’Europe...

Cela serait une vaste farce si n’en dépendait pas la liberté des citoyens grecs, le sort de millions d’emplois en Europe et la concorde entre les nations européennes.

Les pyromanes prétendent aujourd’hui endosser des habits de sapeurs-pompiers pour sauver l’euro ! En réalité, il y a fort à craindre qu’ils ne continuent simplement d’alimenter un incendie qui menace de s’embraser. Car ce n’est pas en ruinant un peu plus les contribuables européens (43 milliards déjà de prêt pour les Français !) que l’on aidera la Grèce aujourd’hui, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France demain, à s’en sortir.

Accorder 100 milliards d’aides supplémentaires à Athènes ne traitera pas la cause du déficit extérieur grec, fruit de l’euro cher. Les économistes sérieux le savent d'ailleurs bien : seule une sortie de l’euro assortie d’une restructuration de sa dette peut permettre à ce pays de dévaluer sa monnaie pour retrouver sa compétitivité, relancer ses exportations, relocaliser ses emplois, rembourser sa dette.

Les dirigeants font croire qu’ils sauvent l’Europe en sauvant l’euro. En vérité, c’est l’inverse. En voulant à tout prix sauver l’euro, ils mettent en danger l’Europe. Ils servent les intérêts des banques qui ont pris des risques inconsidérés, ils restreignent toujours plus la liberté et l’indépendance des peuples endettés, ils détruisent en mille morceaux la belle idée européenne.

Une autre voie est bien sûr possible, celle d’une Europe des Nations libres et prospères qui coopèrent autour de projets concrets. Mais pour cela, bien sûr, il faut oser reconnaître l’échec de la monnaie unique totalement inadaptée à des économies différentes.

Il faut préparer dans le calme un nouveau système monétaire européen rétablissant les monnaies nationales ordonnées autour d’un euro monnaie commune et non unique. L’euro-Mark, l’euro-Franc, l’euro-Lire, l’euro-Drachme, donneraient de la souplesse au système, permettant aux économies de s’équilibrer.

Mais, bien sûr, cela serait reconnaître l’échec de leur manœuvre et abandonner toutes leurs illusions fédéralistes. Car, dès le départ, ils savaient que l’euro ne pouvait pas marcher mais qu’il serait le levier de leur rêve supranational. En URSS, on imposait le fédéralisme par la violence. Dans l'Union Européenne de Barroso, c'est par la terreur économique qu'on tente de mater les peuples.

Mais depuis le référendum, le masque est tombé. Les peuples ont compris la supercherie et refuse cette construction antidémocratique. Ils savent bien que ce n’est pas en imposant un gouvernement européen autoritaire sans légitimité démocratique que l’on pourra corriger les déséquilibres entre les pays qui profitent de l’euro et ceux qui le subissent.

L'enjeu de la décennie pour les peuples européens est donc de parvenir à retrouver leur indépendance et leur liberté, sans pour autant tomber dans le piège des haines tendu par l'Union Européenne.

Je crains que les résultats du sommet de demain n'aillent pas dans ce sens. Je crains davantage que ce soit la France qui défende le triste et insoutenable projet fédéraliste alors que les allemands défendront avec raison leur souveraineté.