Mais selon la proposition de loi votée huit jours plus tôt par l’Assemblée nationale sur ordre du Gouvernement, les articles 4, 8bis, 9, 9 bis et 9 bis A, en particulier, s’appliquent en permanence, donc y compris en dehors des périodes électorales.

La simple mise en regard de cet entretien et du contenu de la loi votée à peine huit jours plus tôt fait apparaître une étonnante culture du mensonge et de la désinformation de la part du gouvernement et des membres d’En Marche…

Il faut avoir atteint un rare degré de mauvaise foi pour faire adopter une loi censée combattre les Fake news en multipliant le soir même les déclarations trompeuses. Comme disait Talleyrand : « je pardonne aux gens d’être en désaccord avec moi ; ce que je ne leur pardonne pas, c’est d’être en désaccord avec eux-mêmes ».

Si le gouvernement entend lutter contre les fausses informations, il pourrait commencer par s’appliquer sa propre règle. Et s’il est incapable de respecter la règle qu’il veut imposer à ses adversaires politiques, il devrait la retirer.

En outre, les articles qui s’appliquent en permanence portent notamment sur les points suivants :

- un nouveau pouvoir du CSA de refuser la diffusion d’un service de radio ou de télévision

- un nouveau pouvoir du CSA de refuser le droit d’émettre à une entité liée à un Etat étranger – mais pas à une entité liée à une multinationale, les propriétaires des medias qui ont fait la campagne de M. Macron peuvent se rassurer

- la surveillance permanente du CSA pour « lutter contre les fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public » (une formulation très précise et ciblée qui n’ouvre évidemment la porte à aucun abus…)

- l’obligation permanente pour les réseaux sociaux de lutter contre les « fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public ».

M. Mahjoubi ne se contente pas de mentir, il ment sur des points essentiels de cette loi liberticide.

Je me suis opposé à cette loi destinée à faire taire les opposants politiques, je la combattrai plus que jamais en voyant les méthodes mensongères employées par En Marche pour la faire adopter.