J’ai assisté à la 97ème commémoration de la célèbre 1ère bataille de la Marne à Mondement. C’est là qu’en 1914 Foch a arrêté, au prix d’un effort extravagant de soldats français inférieurs en nombre et en armement, la progression de l’armée allemande.

Il était très émouvant de participer, avec des représentants de toutes les nationalités présentes à l’époque, à cette cérémonie.

L’occasion bien sûr de réfléchir au sens de ce sacrifice de ces jeunesses ; A la tragédie du continent européen ; A sa répétition un quart de siècle plus tard ; A la reconstruction de la paix et à l’entente avec les Allemands.

Se pencher sur son histoire, c’est bien sûr se donner les moyens de mieux comprendre le présent et de mieux préparer l’avenir.

A ce titre, quel regret que la classe politique française et européenne ne tire pas aujourd’hui davantage les leçons du passé.

Un historien présent me racontait comment en 1914 on avait envoyé, par impréparation, à la boucherie nos soldats. Aisément repérables en pantalon rouge, sans casque et avec un armement insuffisant. Même naïveté payée si cher en 1940 malgré les avertissements de De Gaulle sur la nécessaire guerre mécanique.

Et aujourd’hui, n’est-ce pas la même naïveté, la même légèreté, la même impréparation, qui nous fait perdre la bataille économique ? Nos entreprises partent la fleur au fusil dans la mondialisation, les salariés sont licenciés en masse comme nos soldats mouraient au champ d’honneur et nos dirigeants ne veulent ni voir ni entendre !

Mais le pays, lui, a compris que les choses tournaient mal. Beaucoup d’élus sont venus me saluer et m’ont tous posé la même question : « pourquoi là haut se conduisent-ils comme cela ? » « On a honte ». « Assez du feuilleton DSK ». « Assez de la suffisance gouvernementale ».

Ils souhaitent tous une autre offre politique. Ils ne veulent ni de l’immobilisme socialiste ni de la droite de l’argent roi. Ils veulent de l’écoute, du bon sens, de la cohérence, du respect, de la dignité.

Tous me l’ont dit avec la même lassitude, la même inquiétude sourde, parfois la même résignation.

C’est pourquoi, plus que jamais, il nous revient d’apporter à nos concitoyens un message de lucidité, de changement et d’espoir.

J’expliquerai comment dans mon discours de clôture des universités de rentrée dimanche.