Le site de Lucy, dont l'allemand E.on a hérité au terme des marchandages financiers orchestrés par la Commission Européenne, symbolise l'abandon de la politique énergétique de la France aux monopoles privés. Cette fausse concurrence est incapable de penser et d'engager les investissements de long terme qui peuvent permettre une transition énergétique qui sécurise des tarifs abordables pour nos concitoyens.

Voici plus de dix ans que l'Union Européenne a lancé sa politique dogmatique sur l'énergie. Son bilan est terrible. Pour le consommateur, pour les clients industriels, les prix n'ont jamais été aussi élevés. La pauvreté énergétique bat chaque hiver ses tristes records à travers le continent. Pour les citoyens, la transition énergétique n'a pas eu lieu et n'aura jamais lieu dans ces conditions.

Les milliards déversés dans certaines technologies dites vertes, d'ores et déjà obsolètes, entièrement payés par la hausse des tarifs, dissimulent mal le maintien d'un oligopole carboné arriéré. Aucune filière d'avenir n'est développée, aucun modèle nouveau n'est pensé. De fait, l'obsession du profit à court terme des monopoles privés créés par la commission européenne n'a que faire de l'accès universel à l'énergie et de l'avenir de notre environnement. Au contraire leur intérêt les pousse à organiser les restrictions et à négliger les investissements.

Revenons à Lucy. Depuis 1919, le site accueille une expertise et un savoir faire précieux. La France a des nouveaux besoins de production électrique de pointe respectueuse de l'environnement. Nous avons en Bourgogne des forêts. Pourquoi le projet de biomasse soutenu par les employés du site est-il ignoré? Par simple absence de volonté politique ! Nous ne savons pas valoriser nos ressources naturelles ! Le seul projet de biomasse d’envergure développé en région Provence-Alpes-Côte d’Azur importera pour 80% de bois américain !

J'invite Mme Batho à faire preuve d'inventivité et d'audace. Plutôt que de s'acharner à mettre des rustines sur l'énergie éolienne comme elle le fait en ce moment à l'Assemblée nationale, Mme Batho ferait bien de réfléchir à un plan à long terme pour la transition énergétique. Dans son domaine de compétence, c'est la planification à long terme qui fera la différence. Quel mix énergétique voulons-nous demain ? Où notre recherche doit mettre le paquet ? Quelles sont les sources de financement ? Quelle stratégie industrielle devons-nous mettre en œuvre ? Autant de questions pour lesquelles la Ministre de l'Ecologie ne semble pas encore avoir le début d'une piste...

J'invite M. Montebourg, que je sais sincère dans son combat, à venir à Lucy. Il verra le potentiel d'une filière d'avenir pour l'industrie française, associant nos forêts, notre technologie thermique, notre savoir faire d'exploitant électrique.