Les magistrats ne sont parfois pas exempts de reproches mais pour pouvoir leur dire, il faut être soi-même irréprochable.

Or, comment le Président de la République peut-il être à ce point intellectuellement et politiquement malhonnête ?

Car, qui a refusé de doter la Justice des moyens financiers nécessaires à son action ?

Qui a laissé voter la loi pénitentiaire laxiste de février 2009 supprimant l’incarcération pour les condamnations à des peines de prison de 2 ans et moins ? A noter que cette loi surréaliste s’explique par la décision prise pour des raisons budgétaires de ne pas construire les 20 000 places de prison qui manquent à la France.

Qui a refusé ma proposition de loi visant à supprimer les remises de peine automatiques issues de la loi Perben de 2004 ?

C’est bien la majorité UMP. De même, c’est encore le gouvernement qui a supprimé 10 000 postes de policiers et de gendarmes en 3 ans.

On comprend dès lors la colère des magistrats mais aussi des forces de police de se voir accusé d’une inefficacité dont la classe politique est responsable.

Car, la gauche a aussi sa part de responsabilité dans cet affaiblissement continu de l’Etat régalien. A force de toujours critiquer la prison comme la pire des solutions, une certaine idéologie a fait croire qu’on pouvait lutter contre la délinquance et le crime avec la panoplie des bons sentiments et des peines alternatives.

Le résultat est là : notre pays est celui d’Europe qui consacre le moins d’argent par habitant à son système judiciaire. Nos forces de police sont découragées. L’impunité règne dans beaucoup de cités.

Le Président de la République croit pouvoir faire commerce politique de ces désordres alors que son rôle serait au contraire de lancer, comme je le propose depuis des années, un vrai plan de reconstruction moral et financier de l’Etat régalien, pour appliquer la loi, toute la loi, rien que la loi.

Cela passe tout d’abord par la mise en place d’un réseau d’établissements pénitentiaires adaptés aux catégories de délinquants. Il faut ensuite réduire les remises de peine pour qu’aucun condamné ne puisse sortir, comme aujourd’hui, à la moitié de sa peine. Chacun doit exécuter au minimum les 2/3 de sa peine et s’il y a seulement, bien sûr, une bonne conduite.

A tout délit doit correspondre une vraie sanction, assortie d’un éloignement, même bref, pour faire comprendre au jeune ou au primo-délinquant, la gravité de son acte. Les délinquants sexuels doivent être soignés et suivis. Les policiers et les gendarmes qui partent en retraite doivent être remplacés. Un vrai plan de lutte contre les trafiquants de drogue doit enfin être mis en œuvre et doté de moyens réels. Bien sûr les contrôles aux frontières doivent être rétablis.

Ce plan coûtera de l’argent, c’est sûr. Mais beaucoup moins que celui disproportionné de la délinquance et du désordre.

Il ne sera cependant pas suffisant si la croissance économique ne repart pas à la hausse grâce à une autre politique. Il va en effet de soi que la lutte contre le chômage, cancer de notre époque, participe de la recherche d’une société en paix avec elle-même.