La situation est en effet surréaliste : les banques continuent de prêter aux Etats à des taux de plus en plus exorbitants, près de 7% pour l’Italie, au dessus de 3% pour la France mais n’ont désormais qu’à se refinancer auprès de la Banque Centrale européenne à 1%, empochant directement la différence !

Même dans un film d'horreur, on mettrait en doute la sincérité du scénario. Et pourtant c'est la triste réalité de cette Union Européenne ou les anciens de Goldman Sachs occupent peu à peu les postes stratégiques.

Ces mêmes banques, ont-elles par ailleurs diminué les salaires de leurs dirigeants ? Non, bien sûr !

Ont-elles réduit les bonus des traders ? A peine, maintenant des primes ahurissantes.

Prêtent-elles à nos PME qui sont asphyxiées ou aux collectivités locales qui sont assurées de rembourser ? Pas davantage.

En vérité, le dernier sommet de Bruxelles n’a servi, une fois de plus, qu’à conforter un système financier au détriment des peuples qui, eux, doivent payer pour les folies du système par une récession croissante.

Le problème fondamental, à savoir la surévaluation de l’euro, l’inadaptation d’une monnaie unique à des économies profondément différentes, n’est évidemment pas traité.

Les pays du Sud et la France sont donc condamnés à voir leurs entreprises partir, le chômage s’accroître, les déficits extérieurs s’approfondir et la dette exploser. L’Allemagne, de son côté, accumulera toujours plus d’excédents et distancera les autres pays, favorisée par un euro qui pour sa compétitivité est presque trop faible. L’Allemagne ne voulant pas, ce qui est très compréhensible, financer par des transferts les pays du Sud, ni autoriser la Banque Centrale à racheter directement des dettes souveraines, le système est condamné.

Mr Draghi, ancien Vice Président des risques souverains pour la branche européenne de Goldman Sachs, ne cherche donc qu’à gagner du temps pour sauver un système bancaire aux abois. L'engraisser avant sa chute.

Il faudra bien sortir de cette politique aussi injuste qu’inefficace. Car il n’y a pas de fatalité à laisser le continent partir en vrille économique et sociale quand on sait qu’une autre politique est possible. Je propose ainsi :

- la séparation des banques d’investissement et de détail ;

- la garantie des banques de détail par l’Etat pouvant passer par une prise de contrôle ;

- la diminution des rémunérations de ses dirigeants incompétents et cyniques et le remplacement immédiat pour les plus malhonnêtes ;

- le retour aux monnaies nationales permettant de financer directement par les Banques centrales par des avances à 0% les Etats ;

- la relance de l’investissement productif et un protectionnisme intelligent, si possible européen.

Il n'y a donc aucune fatalité à la crise. A nous de faire de l'élection de 2012 un référendum sur la fin des privilèges accordés sans limite aux plus puissants contre l'économie réelle, les salariés et les entrepreneurs courageux.