Je ressors de ce déplacement plus révolté que jamais. Ecœuré du gâchis constaté sur ces terres qui pourraient être un atout de la France !

Depuis le départ de Jacques Chirac, les Outre-Mer et ses habitants ont été oubliés par nos Gouvernements successifs. Au-delà de l’égalité entre chaque citoyen, qu’il vive à Nantes ou à Mayotte, dans le Cantal ou en Nouvelle Calédonie, il s’agit pour la France de prendre conscience à quel point ces territoires sont une chance pour le développement et la puissance de notre pays. C’est en effet grâce à eux que nous disposons de la première zone maritime au monde devant les Etats-Unis et l’Australie !

Les Mahorais ont fait le choix d’être français plutôt que d’être rattachés aux Comores. En 2011, Nicolas Sarkozy a exaucé leur souhait pour que Mayotte devienne un département français. Cette départementalisation non préparée est aujourd’hui un véritable échec. Quel gâchis ! Aucun moyen n’a été donné : état civil, recensement, cadastre, réseaux d’eau et routiers, écoles, hôpital … tout ce qui aurait dû être fait reste à faire et le désordre s’accroit.

Les Mahorais sont français et se sentent plus que jamais français. Mais leur déception est immense.

Comme eux, je me sens triste de voir nos Gouvernements les traiter comme des Français de seconde zone !

Les Mahorais aiment la France, mais ils ont le sentiment que l’Etat ne les aime pas, que la République les rejette.

Contrairement à ce que l’on peut entendre en France, ils ne réclament ni prestations sociales supplémentaires, ni assistanat, encore moins la charité. Ils demandent simplement à leur pays, la France, de faire respecter les lois et de les protéger.

J’ai eu la chance de rencontrer les « Femmes leaders ». Ces femmes mahoraises courageuses sont de véritables piliers pour l’île. Elles me disaient non sans humour qu’« Insécurité, Maternité, Fatalité » avaient remplacé notre devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Durant nos échanges, elles m’ont expliqué la démission totale de notre Etat. Selon elles, le problème majeur repose aujourd’hui sur l’incapacité pour la France à faire respecter ses frontières. Car Mayotte sombre chaque jour un peu plus dans le désordre, l’île étant submergée par une immigration sans précédent !

Les clandestins originaires des Comores entrent continuellement sur le territoire et, en dépit de plus de 22.000 expulsions par an, près de 70% des naissances leur sont imputables. Le droit du sol crée un appel d’air massif. Ces femmes réclament depuis plusieurs années sa suspension et je leur ai témoigné mon soutien complet dans ce combat.

Après des années de laisser aller, le chaos est total. L’hôpital est submergé (prévu pour 200.000 habitants, la population a depuis doublé du fait de l’immigration), les enfants ne vont plus à l’école (il manque plusieurs dizaines de classes), des mineurs sans parents sont abandonnés dans les rues (entre 3000 et 5000 selon un élu départemental que j’ai rencontré) et dans le même temps, le Conseil départemental ne compte malheureusement que 93 places d’accueil….

De facto, la délinquance a explosé, les bidonvilles s’installent partout et l’Etat ne réagit pas.

Mais ce qui révolte encore plus les Mahorais, c’est que le pouvoir politique censé les défendre préfère favoriser ouvertement les immigrés illégaux.

Quelques exemples recueillis : Quand un Mahorais construit un bâtiment et qu’il commet une erreur mineure d’urbanisme, il est poursuivi par les Services de l’Etat, alors que des clandestins construisent partout illégalement des quartiers entiers et la Justice ne fait rien. Je me souviendrai longtemps de cette femme qui, les larmes aux yeux, m’a raconté que les toilettes d’une maison clandestine se déversaient au dessus de la tombe de ses parents…

Ces femmes musulmanes racontent leur indignation face à des clandestins comoriens qui tente de construire des mosquées illégales. Ces lieux de culte sont parfois situés à quelques mètres seulement des mosquées historiques et paisibles, créant des conflits religieux.

L’insécurité est croissante avec des rues et des routes devenues de vraies coupes gorges. Les Mahorais ont désormais peur de sortir le soir et des attaques à la machette ont lieu sur certaines routes !

Enfin, une crise majeure touche l’île depuis quelques mois. La moitié Sud n’a plus d’eau potable 2 jours sur 3 ! Les choix politiques qui auraient permis d’alimenter en eau les Mahorais n’ont pas été faits et l’argument financier est mis en avant pour excuser un tel scandale ! L’Etat n’aurait plus d’argent …. Il manque pourtant seulement 15 millions d’euros pour créer la retenue collinaire nécessaire, une somme dérisoire à l’échelle du pays, alors qu’au même moment l’Etat gaspille près de 30 milliards pour des projets inutiles tel que le TGV Lyon-Turin.

En 2017, comment ne pas être révolté de voir un département français dans un tel état ?

La ministre de l’Outre-Mer est venue il y a quelques jours annoncer l’arrivée prochaine d’un tanker d’eau sans toutefois donner une solution pérenne à cette pénurie d’eau. Quel mépris ! Le Gouvernement socialiste qui ne manque pas une occasion de donner des leçons d’humanité laisse pourtant toute une population sans eau, des enfants sans école et une île dans une insécurité croissante.

A Mayotte, comme dans nos cités ou dans nos zones rurales, l’Etat a démissionné. La volonté politique s’est totalement évanouie et nos dirigeants regardent le navire couler.

Je veux me faire le porte-parole de ces Français oubliés. De ces enfants de la Nation abandonnés. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour tenter d’ouvrir les yeux à ceux qui refusent de voir une situation qu’ils ont pourtant créée…

Qu’on ne me dise que l’on ne peut rien faire, j’ai rencontré les agents de la Police de l’Air et des Frontières, des fonctionnaires remarquables et dévoués mais qui ne pourront réussir sans un pouvoir politique qui ait la volonté de changer réellement les choses.

J’ai proposé des mesures concrètes qui, sans épuiser le budget du pays, permettraient de régler la grande majorité des problèmes de Mayotte :

Suspension du droit de sol afin d’éviter l’appel d’air actuel lié aux prestations sociales françaises ;

Plan d’urgence et d’investissement de 300 millions d’euros sur 2 ans afin de régler le problème de l’eau, des transports et des écoles par la construction des infrastructures nécessaires ;

Enfin, renforcement de moyens en matière de sécurité afin de maintenir l’ordre public sur l’île.

J’ai aussi tenu à dire aux Mahorais qu’ils devaient garder espoir en leur pays et que si les décisions politiques nécessaires étaient prises, Mayotte pourrait devenir un lieu où l’on peut vivre dignement, une terre vitrine de la France dans l’Océan Indien, un site touristique majeur et une vraie fierté pour tous les Français.