Au “tout ce qui est excessif est insignifiant“ de Talleyrand, certains médias adeptes de la polémique ont préféré “caricaturons, caricaturons, il en restera toujours quelque chose“ ! Il est temps de rétablir les faits. Si les égarements de certains ennemis du pluralisme me navrent pour eux, car il est regrettable que des esprits peu scrupuleux et partisans confondent service de l’information, et service de la propagande, je tiens aussi à défendre tous ceux dont le libre arbitre est caricaturé. Si chacun peut constater que la géométrie variable est devenue la règle, selon que l’on soit dans l’opposition ou dans la majorité, depuis plus d’un an, le pays dans son entièreté subit également une plongée dans un flot d’informations et d’injonctions contradictoires. Ainsi, ce qui était inutile hier est devenu obligatoire aujourd’hui, nous vivons médusés d’ubuesques séquences où des journalistes béats écoutent des Ministres bêtas leur expliquer que les Français seraient tantôt trop stupides pour mettre un masque, tantôt factieux quand ils s’interrogent sur l’utilité de porter celui-ci en plein air, y compris lorsqu’ils sont seuls et au milieu de nulle part : “Le bon sens a été la première victime de cette pandémie“ ! Face à cela, comme tous les Français, non seulement j’ai essayé de comprendre, mais aussi d’anticiper, pour que notre pays ne reste pas dans l’immobilisme, dans l’angoisse et ne soit pas victime d’un “enfermisme“ de facilité, voire, victime de dérives autoritaires au prétexte d’une pandémie. Le Gouvernement a justifié les changements réguliers et contradictoires de sa politique sanitaire souvent à la limite de la schizophrénie, en tout cas, ne craignant pas le paradoxe, par la découverte d’un virus évoluant au fur et à mesure, jusqu’à se transformer récemment en variant. Peu importe l’inconséquence des Autorités, sur cette base tout est autorisé et même pardonné. Dans ce flot d’incertitudes, le vaccin a été présenté comme la seule issue possible. Les Français atteint du Covid auraient certainement préféré que l’on s’active pour les soigner, plutôt que de les laisser chez eux, seuls, désemparés avec un simple Doliprane en guise de corona-placébo. Nous sommes devant une rare, et peut-être même la seule maladie, où toute hypothèse médicamenteuse a été radicalement rejetée, et ce, non pas sur des considérations médicales, mais au motif de combats entre scientifiques goûtant à l’ivresse cathodique : “Les seules ordonnances émises et autorisées, ont été celles du Gouvernement pour réduire nos libertés“ ! Dès les premiers instants, cette pandémie a échappé à la médecine pour se transformer en attaques personnelles relayées par quelques éditorialistes aux dérives bien connues. Pour ma part, je déplore ce débat binaire, où l’on ne pourrait qu’être pour ou contre. Je condamne ce refus systématique du pragmatisme sanitaire, et m’insurge de cette volonté incurable des médias de vouloir scinder l’opinion publique entre le “camp du bien“ et le “camp du mal“ avec une appétence pour la caricature au-delà du champ du possible. Le vaccin est jugé utile pour les gens susceptibles de développer des formes graves d’une maladie donnée mais, comme pour tout autre vaccin, il n’a pas d’intérêt impérieux pour les personnes n’étant pas considérées à risque. Le vaccin doit toujours garder son caractère préventif, correspondre à une population identifiée, il ne peut être administré comme un remède se substituant alors à tout traitement. Une fois cette évidence rappelée, chacun doit être libre de se faire vacciner, mais surtout, chacun doit pouvoir être soigné, car vacciner les bien-portants, et refuser de soigner les malades est non seulement incohérent, mais aussi contraire à la plus élémentaire notion de médecine. Si vacciner tout azimut pose logiquement question, le plus surprenant est certainement de voir que les mesures primordiales empêchant la propagation du virus, comme le traitement de l’air, le renforcement immunitaire n’ont pas le droit de citer. En France, aujourd’hui, maintenir que la vaccination n’est pas à elle seule l’alpha et l’oméga pour sortir de cette pandémie est considéré comme du complotisme patenté. À quel moment va-t-on retrouver le sens des réalités ? Je refuse donc ce mauvais procès fait par des procureurs ayant perdu toute objectivité, bannissant des propos en fonction de leurs auteurs : Quand un Olivier Véran dit qu’à ce stade le vaccin n’empêche pas totalement la transmission du virus, mais réduit la charge virale dans l’organisme, c’est alors vérité, mais quand je reprends strictement la même phrase ce serait subitement mensonge éhonté. Est-ce que l’on peut redevenir sérieux ? Le sérieux, c’est tout d’abord cesser de maltraiter notre système de santé, privé de moyens, d’effectifs, tenu par un personnel à bout de souffle, une situation indigne d’une puissance comme la nôtre, d’un taux de prélèvement comme le nôtre, et qui conduit à enfermer un pays par manque de lits, de bras pour accueillir des malades. Le pays de Pasteur peut avoir honte de sa décrépitude ! Nous avons eu un Premier Ministre présentant des courbes incomplètes, un Ministre de la Santé commentant des remontées de santé publique erronées, et un Président de la République confondant politique migratoire et sanitaire en refusant de fermer nos frontières. Toute cette incohérence, et même incompétence, est grave, car tous les malades n’ont pas été soignés comme nous aurions dû le faire, la propagation du virus n’a pas été freinée par des moyens efficaces, ce qui nous entraîne aujourd’hui à envisager des solutions radicales qui auraient pu être évitées. De surcroit, c’est l’économie du Pays qui est maintenue sous respiration artificielle, perfusée avec une dette avec laquelle on vivra plus de 60 années. La mauvaise gestion de cette pandémie va laisser de lourdes séquelles. Le problème ne sera pas de savoir si Dupont-Aignan avait tort ou raison d’appeler au pragmatisme vaccinal, ou d’alerter sur la faisabilité logistique d’un pass-sanitaire, mais de se dire que pendant que notre pays était condamné sur l’autel de la bien-pensance, nous regardions ailleurs. J’ai honte d’un pays qui a regardé lâchement mourir ses ainés esseulés, et qui condamne l’avenir de ses enfants, à qui l’on propose pour toute perspective : « La vaccination à la chaine et l’endettement permanent » ! Il est temps de passer à autre chose, nous sommes devant de grands défis pour relever un pays éreinté psychologiquement et économiquement, qui ne peut plus subir un mépris de caste consistant trop souvent, non seulement à sombrer dans la malhonnêteté intellectuelle, mais aussi et surtout à condamner par posture les solutions pouvant enfin nous sortir de cette crise. Merci à vous tous, qui avez su garder humanisme et esprit libre. C’est grâce à vous, et avec vous, que nous ferons de grandes choses pour tous !




Nicolas Dupont-Aignan Président de Debout la France