Oui, il est possible d’en finir avec le « tous pourris », de conjurer cette prétendue malédiction française qui n’est en réalité rien d’autre que la faillite d’une certaine classe politique, adepte du « pas vu pas pris, pris… pas pendu quand même ! ». Une prétendue malédiction qui jette injustement le discrédit sur les élus honnêtes, de loin les plus nombreux, et fait monter inexorablement l’abstention.

On reproche souvent à la petite délinquance de prospérer sur un sentiment d’impunité que causent le laxisme de nos gouvernants ou l’affaiblissement de nos institutions, et on a parfaitement raison de le faire. Alors il n’y peut pas y avoir 36 choses à dire de nos puissants qui ne cessent de montrer le contre-exemple, imbus d’un arrogant sentiment d’invulnérabilité face aux citoyens ordinaires comme vous et moi : ASSEZ !

C’est dans cet esprit que j’ai présenté mardi matin à la presse, à l’Assemblée nationale, 20 mesures radicales pour que les voyous en col blanc soient enfin mis hors d’état de nuire, qu’ils n’aient plus la moindre marge de manœuvre pour escroquer la collectivité et salir la République. Je défendrai également une proposition de loi idoine. En voici les grandes lignes, le détail pouvant être consulté sur le site de DLR.

Tout d’abord, élection-reine oblige, il faut démocratiser l’élection présidentielle et la prémunir à tout prix contre les malversations et autres magouilles de triste actualité : le plafonnement plus sévère des dépenses et la création de maxima forfaitaires pour chaque catégorie d’entre elles, l’engagement de la responsabilité exclusivement personnelle des candidats pour qu’ils assument vraiment leurs comptes de campagne, et l’avance par l’Etat des dépenses de premier tour à tous les candidats qualifiés, sont des mesures à mêmes d’empêcher les débordements que l’on sait et de rendre plus loyale l’élection - laquelle favorise aujourd’hui les prétendants fortunés dans un contexte de frilosité accrue des banques.

Mais cela ne suffira pas : il faudra aussi garantir l’égalité réelle de temps de parole dans les médias, en finir avec l’instrumentalisation tendancieuse des sondages (avec la publication de la marge d’erreur, l’interdiction pour les partis de commander des enquêtes en période électorale,…) et, innovation tout à fait importante pour l’avenir, associer au Conseil constitutionnel dans sa mission de contrôle de l’élection un collège de 12 citoyens-censeurs tirés au sort.

Au-delà de l’élection présidentielle, il faudra durcir le contrôle des groupes parlementaires et la répression des délits : les dotations aux groupes parlementaires, qui désormais devront exclusivement servir à financer le travail parlementaire, feront l’objet d’une transparence totale grâce au contrôle de questeurs tirés au sort. Proposition-phare de DLR depuis des années, tout élu condamné pour des faits commis dans l’exercice de son mandat (corruption, trafic d’influence, détournement de fonds, abus de bien social, blanchiment,…) devra être rendu inéligible à vie. Pour empêcher que la justice soit entravée de quelque manière que ce soit dans les affaires politico-financières, il est aussi indispensable de mettre un terme au monopole du ministre du Budget (une survivance d’Ancien régime) pour le déclenchement de poursuites pénales en cas de fraude fiscale. De même, pour prévenir les comportements à risque, le cumul de fonctions de trésorier de parti et de membre du gouvernement sera interdit, tout comme celui de fonctions dans le privé et de responsabilités importantes (président, secrétaire général, trésorier) au sein des appareils partisans.

Enfin, mieux encadrer la vie politique et en punir les infractions ne suffiront pas en soi pour favoriser le nécessaire renouvellement du personnel politique. Il faudra aussi assurer la promotion de nouvelles générations d’élus, à commencer par les élus locaux. Pour ce faire, le seuil de remboursement des frais de campagne d’une élection municipale sera abaissé à 3500 habitants (au lieu de 9000 actuellement) et les banques seront fermement invitées à jouer leur rôle de financeur de la démocratie.

On le voit, malgré l’action passée de nos gouvernants – qui relevait en réalité plus de l’effet d’annonce que d’une véritable action déterminée -, le chantier est immense : la moralisation de la vie publique en est à son année zéro. Tout est à construire, sans perdre une seconde ! Rendez-vous, en conséquence, dans l’hémicycle où chaque Français pourra juger en acte de l’attitude de chacun de ses élus.