Les producteurs laitiers qui subissent la pression des industriels qui leur achètent le lait à un prix souvent inférieur à leur coût de production.

Les maraîchers qui sont confrontés à la concurrence déloyale des producteurs espagnols à la main d’œuvre bon marché ou allemands qui utilisent à grande échelle des travailleurs détachés d’Europe de l’Est.

Les éleveurs de porcs soumis à une concurrence équivalente, encore plus déloyale, comme l’ont raconté des journaux allemands révélant les conditions indignes de travail dans certaines exploitations.

Je pourrais aussi évoquer les importations en provenance de l’extérieur de l’Union européenne de productions couvertes de pesticides cancérigènes strictement interdits d’usage dans l’Union européenne.

Je garde en mémoire le visage de ces exploitants agricoles que j’ai rencontrés aux quatre coins de la France et qui me faisaient part de leur incompréhension face à l’abandon des pouvoirs publics.

Ce qui s’est passé à Morlaix cette nuit, où les légumiers en colère ont explosé de désespoir, peut se produire demain dans toute la France.

Un empereur romain disait : « vous pouvez tondre le peuple mais prenez garde à ne pas l’écorcher ». Aujourd’hui, ce sont des millions de Français qui, travaillant dur, n’ont plus rien et sont écorchés.

Mais cette situation n’est pas tombée du ciel. Elle a des causes bien précises notamment la déréglementation totale par Bruxelles avec la complicité des gouvernements successifs de la politique agricole commune.

On ne peut pas éternellement imposer dans notre pays des contraintes fiscales, sociales et environnementales les plus lourdes du monde et en même temps supprimer toutes les protections douanières.

Des solutions existent. Il n’y a aucune fatalité à subir cette loi de la jungle.

Il faut à la fois alléger la pression fiscale sur nos producteurs, simplifier les réglementations tout en conservant celles qui sont essentielles pour la santé de nos concitoyens.

Il faut aussi parallèlement rétablir des protections aux frontières pour vérifier le respect des normes sanitaires des produits importés et taxer ceux qui sont fabriqués notamment au sein de l’Union européenne à partir d’un nouvel esclavage.

Enfin, il est temps de rétablir la concurrence dans la grande distribution qui, aujourd’hui par l’abus de position dominante de ses centrales d’achat, écrase nos producteurs.

Ces nouvelles jacqueries du XXIème siècle révèlent la terrible régression sociale qui s’est abattue sur notre pays et qui est la conséquence très concrète de la démission totale de nos dirigeants.

Plus que jamais notre combat pour une France libre dans un monde ordonné est nécessaire. Il y a urgence.