Pour rappel, ces classes, dispensant des cours de langue et d'apprentissage culturel à des enfants d'immigrés dans la perspective de leur retour hypothétique dans leur pays d'origine (une chimère à laquelle plus personne ne croit depuis des décennies), sont assurées par des enseignants étrangers dont le contenu des interventions comme la pédagogie échappent complètement au contrôle des autorités françaises. D'où les mises en garde sévères du Haut Conseil de l'intégration, pointant une dérive de "repli identitaire".

Les intégrer au "socle commun" va permettre que soit enseigné l'arabe dès le CP, à l'image de l'anglais ou de l'allemand. Comme s'il s'agissait de l'apprentissage d'une langue étrangère comme une autre, alors qu'il est bien évident que cet enseignement va entrer en concurrence identitaire et linguistique avec le français, seule langue officielle de la République selon la Constitution ! Ce, alors même que la maîtrise et l'appropriation du français ne cessent de se dégrader, menaçant grandement la fameuse "fabrique des citoyens", creuset indispensable au pacte national si particulier de notre pays. Ce aussi, alors que le multiculturalisme produit symétriquement des méfaits visibles, pour certains d'entre eux tragiquement spectaculaires, qui inquiètent légitimement nos concitoyens et devraient inquiéter au moins autant leurs responsables politiques...

Que Najat Vallaud Belkacem nous explique donc en quoi le renforcement d'une double appartenance identitaire va aider de jeunes enfants à mieux s'assimiler à la Nation, eux qui devront déjà à mesure qu'ils grandiront affronter le handicap de discriminations cumulatives : géographique, sociale, professionnelle, voire ethnique ? ! En quoi ce surcroît d'assignation communautaire va-t-il aider ces jeunes, déjà en proie au doute existentiel à cause de politiques systématiques qui ont laissé la machine à intégrer se détraquer ? !

Le pouvoir socialiste, tout à son éternelle ingénuité, voudrait "intégrer" à la République des communautarisme qui en sont l'irréductible négation au lieu de les combattre. Lâcheté, complaisance, électoralisme ? Comprenne qui pourra !

Il est urgent de rompre sans faiblesse ni ambiguïté avec cette politique de Gribouille faussement généreuse. Retremper à neuf une laïcité authentique, c'est à dire ferme sur ses principes, et une vraie politique d'assimilation sans compromis, dans l'intérêt même de chacune et chacun des futurs citoyens, voilà le sens de mon projet pour la France que je défendrai lors de l'élection présidentielle de 2017. Debout la République, Debout la France !