S’en est suivi un remaniement censé répondre à ce message de colère et de défiance. M. Valls a donc été placé à la tête d’un gouvernement, qui n’a en réalité de nouveau que le nom. Sur 16 ministres, 14 étaient déjà là sous Jean-Marc Ayrault ! Il faut vraiment une imagination fertile pour gloser des heures sur ce prétendu « changement ».

Comment peut-on à ce point se moquer des Français ?

Mais le pire n’est pas là. Au-delà de ce manque de respect pour le peuple, qui tend hélas à entrer dans les mœurs politiques depuis le référendum bafoué de 2005, l’affaire est grave car ce n’est pas en menant la même politique que François Hollande obtiendra des résultats différents. Croire que le changement de style ou de forme permettra de passer entre les gouttes de la crise est d’une naïveté confondante.

La cause est simple : tant que le Président de la République sera soumis à la tutelle de Bruxelles et enfermé dans cette politique folle de déflation à l’échelle européenne, rien ne pourra changer.

Comment en effet réduire le déficit budgétaire quand les recettes fiscales et sociales s’effondrent, tandis que, symétriquement, les dégâts de la crise et de la précarité font exploser les besoins ?

Comment relancer l’investissement lorsque les marges des entreprises sont exsangues, faute d’exportations suffisantes en raison de l’euro cher ou de la consommation insuffisante des Français essorés par le coup de massue fiscale ?

Comment redistribuer du pouvoir d’achat quand tous les pays de la zone euro font une course aux bas salaires et au moins disant-social ?

Le Président de la République ressemble de plus en plus à ces généraux incapables, aux actes incohérents qui, à l’été 1914 ou au printemps 1940, envoyaient nos soldats à la boucherie.

Aujourd’hui, le choix est simple :

Soit le gouvernement continue cette politique et perdra sur tous les tableaux (colère sociale, troubles politiques et de toute façon mécontentement de ses partenaires européens faute de réduction de déficit) ;

Soit il décide une politique de relance économique, désobéit ouvertement aux criminels économiques allemands et bruxellois.

La perte de 155 villes par la gauche n’est qu’un biscuit apéritif en comparaison de la tornade protestataire qui va s’abattre sur la France s’il continue cette politique suicidaire.

Contrairement à ce que répète en boucle une oligarchie totalement coupée du pays, une autre politique est tout à fait possible. La preuve : elle est mise en œuvre dans la plupart des pays du monde.

Du Japon aux Etats-Unis, en passant par l’Angleterre, la Corée, le Brésil, l’Islande et bien d’autres, des gouvernements sérieux, soucieux du bien commun, ont tout essayé pour faire baisser le chômage.

Dévaluation monétaire, programme de grands travaux, protectionnisme ciblé, baisse des charges sur les PME, investissement massif dans la recherche, transformation du carcan de l’euro cher en une monnaie commune laissant respirer les nations, on connaît très bien la recette pour redonner de l’oxygène à l’économie et un espoir aux peuples.

D’ailleurs, les langues se délient aujourd’hui, malgré le rouleau compresseur de la propagande pro-euro qui mise sur la peur des Français pour que rien ne bouge : saluons par exemple le livre courageux de quatre journalistes (de L’Express, L’Expansion, du Monde Diplomatique) qui brise le prétendu consensus des « gens sérieux » sur l’euro. Intitulé « Casser l’€ pour sauver l’Europe », il résume bien les termes du défi qui se pose à nous ces prochaines années et dément définitivement ceux qui culpabilisent et intimident nos concitoyens pour les empêcher de se débarrasser enfin de cette funeste machine à détruire l’économie et l’emploi !

Bien évidemment, rompre avec l’euro ne sera pas, en soi, une solution magique. Laissons cela aux détracteurs de l’instauration du nouveau franc, qui caricaturent leurs adversaires faute de pouvoir convaincre de la pertinence de leur propre programme. Evidemment, notre pays devra aussi faire des réformes de structure et réduire la dépense publique excessive. Mais cela n’est possible, nous le savons bien, que dans le cadre d’une dynamique de croissance

François Hollande, aujourd’hui, fait semblant d’agir, croyant échapper à ce qui est pourtant inéluctable : l’heure du choix.

Préparons-nous car il est évident que le statu quo ne durera pas. La France devra prochainement, si elle veut survivre, reprendre sa liberté pour sauver son peuple du déclin. Cela n’interdira pas bien évidemment la mise en œuvre de coopérations concrètes avec nos partenaires européens. Ce sera bien sûr le sens du combat des gaullistes lors des prochaines élections européennes.