Le coût au minimum de 600 millions d’euros permettra seulement de construire à une vingtaine de kilomètres de Nantes, l’exacte copie de l’aéroport dit de Nantes-Atlantique qui se situe au sud de la ville.

Le comble, c’est d’investir autant d’argent pour placer un aéroport sur un site qui n’est desservi par aucune infrastructure de transport ferroviaire et qui sera éloigné de toutes liaisons TGV.

Contrairement à ce qui est répété par l’ancien Maire de Nantes et désormais Premier Ministre, il est tout à fait possible de développer, sans nuisance supplémentaire et à un coût bien inférieur, l’actuel aéroport qui conserve un véritable potentiel.

Il est d’ailleurs surprenant de construire un nouvel aéroport alors qu’on ne pourra pas fermer l’ancien puisqu’il est indispensable au fonctionnement de l’usine Airbus de Nantes.

Le montage financier retenu est aussi très particulier puisque la société Vinci n’avance pour ce projet que 100 millions d’euros en échange d’une délégation de service public sur 55 ans et avec un prêt stupéfiant des collectivités locales à la société privée de 115 millions. Le reste des fonds sont effectués par emprunt garanti par les collectivités et par le bénéfice de la gestion par Vinci de l’aéroport actuel.

Certains milieux économiques croient ou font semblant de croire que ce nouvel aéroport permettra des liaisons internationales sans passer par Paris. C’est là aussi un non sens car si les demandes existaient, elles seraient déjà opérationnelles au départ de Nantes-Atlantique qui est loin d’être en surcapacité.

Enfin, pour arracher la décision, on invoque les nuisances aériennes sur la ville de Nantes. Là aussi il faut contredire l’argumentaire. Il n’y a pas plus de 50 000 mouvements par an et si l’on voulait vraiment supprimer toutes les nuisances, il est tout à fait possible de construire une nouvelle piste dans le sens Est/Ouest.

En vérité, l’aéroport de Nantes est abandonné depuis 20 ans dans le secret espoir de le faire déménager pour récupérer des terrains. Ce qui peut être justifié pour le seul intérêt de la ville est injustifiable si l’on pense à l’intérêt général.

Une association sérieuse intitulée « NEXUS » a présenté un projet alternatif qui, à la différence de certains écologistes qui refusent à tort tout investissement, propose de mieux utiliser l’argent public et privé en prolongeant pour la même somme la ligne TGV entre le Mans et Angers.

L’intérêt économique global pour la région Pays de la Loire, que tous souhaite légitimement, serait beaucoup plus important. L’aéroport d’Angers tout neuf est vide, serait à 60 minutes de Paris par TGV et pourrait être utilisé pour soulager les aéroports parisiens. Les Nantais seraient beaucoup plus proches des aéroports d’Orly et de Roissy et les nuisances liées au transport aérien seraient réduites.

Je désapprouve les méthodes de certains alternatifs écologistes mais il faut à un moment arrêter aussi le gaspillage de l’argent public, la collusion des intérêts privés et publics, les grands projets qui ne sont là que pour flatter les égos des grands féodaux de collectivités locales et de chambres de commerces. Faudrait-il pour cela reconstruire, j’allais dire ressusciter l’Etat avec un grand E, c'est-à-dire le lieu d’arbitrage dans le seul intérêt des Français.

Il est évident qu’aujourd’hui la raison serait à tout le moins de remettre à plat ce dossier de Notre Dame des Landes.

Rien ne presse. Les terrains sont achetés et donc ne disparaîtront pas. La conjoncture n’est pas fameuse et le trafic aérien n’est pas demandeur et nos concitoyens méritent le respect car il s’agit de leur argent.

M. Ayrault, Premier Ministre, aura-t-il l’intelligence d’oublier sa casquette de Maire de Nantes ? Je croyais que le gouvernement était hostile au cumul des mandats.