Y aurait-il un défaut de main d’œuvre qualifiée, de capacité de production ? Que non, des salariées polyvalentes et inventives assurent des savoir-faire qui répondent aux attentes des clients de l’entreprise.

Alors quoi ? Alors les banques ne veulent pas s’investir dans l’avenir de cette PME de 30 salariées qui, comme des dizaines de milliers de ses consœurs, se trouvent à la merci de l’arbitraire rapace des banques. Ces banques, gavées d’argent public pour éponger leurs gabegies, qui ne veulent pas assumer la prise de risque inhérente à leur métier (pas l’agiotage mais le financement de l’économie réelle), quand bien même les crédits à prêter seraient issus d’un fonds de revitalisation préfectoral…

Le sentiment de gâchis et de révolte qu’inspire cet énième épisode malheureux du « fabriqué en France » montre tout le caractère relatif de la détermination d’un ministre, Arnaud Montebourg, qui manie plus volontiers les moulinets oratoires que les actions concrètes en faveur de l’industrie nationale.

C’est une preuve supplémentaire (mais combien en faudra-t-il encore ? !) que tant que l’Etat ne pèsera pas du poids approprié dans la vie des banques, celles-ci ne joueront pas le rôle citoyen et social élémentaire qu’on est en droit d’attendre d’elles.

Par exemple, à quand une vraie interdiction de financer les rallonges de trésorerie par des agios, l’octroi de crédits étant bien moins meurtrier pour la visibilité et la santé financière de l’emprunteur ?

Mais chut, nos dirigeants préfèrent laisser crever en silence les ex-Lejaby. Seul le grand totem du pacte de Responsabilité étant digne d’intérêt pour eux !