Apres avoir abandonné ses promesses et deux joyaux de l'industrie française, le gouvernement joue enfin carte sur table : non, l'Etat n'a pas de stratégie industrielle autre que la défense des petits intérêts à court terme des actionnaires du CAC40 !

Je pourrais me réjouir de la garantie de 7 milliards d'euros apportée par l'Etat à la banque de financement de PSA. Aucun constructeur automobile ne peut assurer ses ventes sans un tel service. Mais une telle somme ne peut être attribuée sans garantie, sans contrepartie et sans droit de regard.

Et qu'a exigé Jean-Marc Ayrault ? Quelques miettes seulement et les éternelles déclarations d'intention sans lendemain : un peu moins de licenciements secs à Aulnay, une énième promesse pour l'usine de Rennes. Aucun engagement réel sur les investissements, sur la recherche. Aucune coupe dans les salaires de dirigeants qui se sont distingués par leur incompétence. Rien finalement, pour l'intérêt commun des Français et des salariés de PSA. Seul un misérable siège "d'administrateur indépendant lié à l'Etat", une formule qui a le mérite de ne rien dire, sera nommé pour faire de la figuration. Encore une fois, en réalité, cette garantie offerte par les contribuables n’existe que pour couvrir le risque des prêts bancaires. C’est la garantie pour les banques d’une nouvelle rente sans prise de risque. Un mécanisme astucieux qui rappelle les milliards déversés par l’Etat en faveur des banques pour « sauver » l’euro.

Si le gouvernement voulait réellement garantir l’avenir de PSA dans l’intérêt de tous les Français, seule une prise de participation dans le capital permettrait de contrôler l'avenir du groupe.

Il est loin le temps ou les socialistes, dans l'opposition, exigeaient du président Sarkozy que les milliards d'aides attribués aux banques et aux constructeurs automobiles après la crise des subprimes comportent des garanties réelles et un pouvoir de contrôle. Ce qui en effet, est la moindre des choses quand les ressources et la caution des Français sont en jeu.

7 milliards, c'est trois fois la capitalisation actuelle de PSA! Avec une telle somme engagée, l'Etat, à défaut de nationalisation, devrait exercer une tutelle concrète sur l'entreprise. Obama l'a fait avec succès avec General Motors et Chrysler, non par idéologie, mais par patriotisme économique.

Il est temps que l'argent public serve enfin les intérêts économiques des Français et l'industrie nationale, non leurs actionnaires.