Plus grave, si le contexte pré-présidentiel met gravement en doute le fair-play de l'intervention élyséenne, que dire de son contenu ? Car le chef de l'Etat nous a resservi pour la énième fois son mauvais plat sur l'Etat de droit face au terrorisme. Un plat réchauffé depuis presque deux ans au rythme des multiples fiascos, souvent tragiques, qu'on lui doit pourtant.

L'Etat de droit, rabâche-t-il en substance, est un tout immuable et indissociable de la démocratie, qu'on ne saurait restreindre d'aucune manière sans perdre notre âme républicaine et démocratique, à la plus grande joie des djihadistes...

C'est ce discours de la fatalité et de l'impuissance, entonné en boucle depuis Charlie, qui est ainsi responsable du maintien en liberté sur notre sol de centaines d'islamistes ou individus fascinés par l'idéologie totalitaire de Daech, prêts ou s'apprêtant à passer à l'acte - en attendant le retour des "Syriens" ! C'est aussi ce discours qui a conduit à la création d'unités carcérales de "déradicalisation" dont on voit aujourd'hui, au péril de la vie des personnels pénitentiaires, toute la limite. C'est encore ce discours, mâtiné des éternelles tartes à la crème de la gauche "touche pas à mon pote", qui érige en victimes de la prétendue méchanceté ordinaire des Français les porteuses de burkinis et autres voiles "pudiques".

Mais comment ces dernières pourraient-elles ignorer la provocation répugnante que constitue leur geste alors que le pays est sauvagement attaqué au nom de l'instauration universelle de la charia - une revendication avancée aussi par les associations multiculturalistes comme le CCIF ?

Sur ce dernier aspect, si le respect de la laïcité n'est peut-être pas l'angle d'attaque juridique le plus approprié pour lutter contre ces bouffées de prosélytisme agressif, on ne peut que déplorer les avis du Conseil d'Etat contre les arrêtés anti-burkinis à dessein aveugles sur la dimension proprement politique de l'islamisme conquérant. C'est là le cœur du problème, comme je le rappelais dans un précédent billet le mois dernier.

Qu'on accepte enfin de regarder le réel en face : l'islamisme veut détruire la France - comme tous les pays "mécréants" - et abolir la République pour leur substituer un "califat" avec pour lois la version théocratique d'une religion totalement étrangère à nos cieux et à notre tradition historique ! Et qu'on ne croit pas que ce cauchemardesque "royaume de Dieu sur Terre" serait réservé aux seuls musulmans. Au mieux les "mécréants" pourraient espérer le statut infamant de "dhimmi", avec rappels musclés aux bonne mœurs islamiques autant que nécessaire. Comme à Riyad ou... à Toulon ! Oui, à Toulon, où des "jeunes" d'une cité ont attaqué deux familles blanches accompagnées de leurs enfants, en banale promenade à vélo sous le soleil estival, parce que les femmes osaient porter... un short !

C'est bien là la démonstration que le terrorisme à connotation djihadiste comme les manifestations identitaires - moins meurtrières, mais non moins malveillantes - de l'islamisme radical en France ne sont que la face émergée d'un iceberg manifestement bien plus considérable et déterminé que François Hollande voudrait le faire croire.

Un iceberg que la vénération aveugle et apeurée de l'Etat de droit, telle que la conte le Parti socialiste, ne fera pas dévier de sa route et contre lequel le navire France pourrait bien se fracasser si on maintient un pareil cap...

C'est pourquoi, au contraire de ce que professe le désormais candidat PS à l'élection présidentielle, il faut savoir agir efficacement à la lisière de l'Etat de droit - qu'il sera toujours temps de rétablir dans sa plénitude le moment venu - pour enfin faire comprendre à celles et ceux qui défient la France chez elle qu'ils ne pourront plus continuer à avoir le beurre et l'argent du beurre, à prétendre détruire le pays qui les a accueillis, ou vu naître de parents tout juste arrivés sur notre sol.

Le droit du sol, bien sûr, mais équilibré par un devoir du sol qui doit permettre à la France de retirer à ses ennemis déclarés leur qualité de français et les renvoyer géographiquement et culturellement à l'identité qu'ils revendiquent. Ainsi, entendons-nous avec les pays de départ pour que ces derniers acceptent d'octroyer la nationalité et le séjour à celles et ceux qui y sont nés, ou dont les parents y sont nés, dès lors qu'ils optent pour l'irrémissible félonie de l'islamisme.

Chaque français, quelle que soit sa couleur de peau, ses origines ou sa confession, a droit de cité en France, mais à la condition expresse de ne pas s'en déclarer l'ennemi mortel au nom d'une appartenance communautaire de quelque nature que ce soit. Auquel cas, il ne sera plus français.

Le devoir du sol, voilà qui sera de nature à rassurer l'écrasante majorité de celles et ceux parmi les Français d'adoption qui s'inquiètent d'être les victimes indirectes de l'islamisme conquérant - c'est là la vraie cible de Daech. Et qui démontrera concrètement aux autres, que non seulement ils ne peuvent pas gagner leur guerre sainte, mais qu'ils l'ont d'ores et déjà perdue. Définitivement.