Au Havre par exemple, les douaniers m’expliquent qu'à force de suppressions d’effectifs, ils n’ont plus les moyens de faire leur travail. La nuit, des gangs équipées de kalachnikov, font leur petit trafic au port dans l’indifférence générale. Les douaniers n’ont même plus une vedette pour se rendre sur les bateaux et le « scanner », l'appareil pour contrôler rapidement l’intérieur des containers, n’a pas été remplacé.

En un mot, les marchandises ne sont que très rarement inspectées, les trafics en tout genre se multiplient, l’Etat s’est évanoui. En revanche la bureaucratie se développe.

Un agriculteur bio de la Creuse me racontait les multiples visites d’inspecteurs de toutes catégories imposant une multitude de règles toutes plus absurdes les unes que les autres. Des écoliers visitant la ferme l’été, il lui faut aménager d’urgence des toilettes accessibles aux handicapés au fond d’une grange, au bout du champ. Ces travaux lui coûteront son revenu annuel !

D’un côté des importateurs dont les produits ne sont jamais contrôlés, de l’autre des producteurs de moins en moins nombreux harcelés par une administration tatillonne. Ces deux témoignages résument la France d’aujourd’hui.

Il ne s’agit pas dans mon esprit bien sûr de vouloir supprimer toutes les règles nécessaires au bon fonctionnement de notre pays mais d’équilibrer les obligations entre ceux qui produisent en France et ceux qui importent de l’étranger.

Je pourrais raconter des dizaines d’anecdotes semblables. Nos territoires ruraux et nos villes moyennes sont totalement abandonnés par les pouvoirs publics. Toutes les activités et les richesses se concentrent sur Paris et dans les métropoles régionales. Le reste de la France se vide de ses services publics, de ses savoir-faire, de ses agriculteurs, ce qui représente un gâchis immense.

Au même moment des dépenses colossales et totalement absurdes sont engagées, preuve s’il en était besoin de l’inconsistance des grandes décisions publiques. Je pense notamment au changement des compteurs électriques de tous les foyers français (remplacement par le fameux Linky) qui va coûter 5 milliards d’euros, ou à la contribution électricité (CRE) qui finance l’installation d’éoliennes au rendement énergétique médiocre qui défigurent nos paysages et qui coûtent 8 milliards d’euros aux consommateurs.

Imaginons un instant ce qui pourrait être fait avec cet argent pour mener une vraie politique d’équilibre des territoires. Installation partout en France de la fibre optique à très haut débit, rénovation des voies ferrées en ruine et maintien de services publics performants, création de maisons de santé pour éviter la désertification médicale, soutien à nos PME et à nos agriculteurs pour maintenir l’emploi local et éviter l’entassement comme le mal de vivre dans nos grandes villes.

Contrairement à ce que veulent laisser croire nos dirigeants, une autre politique plus respectueuse des Français et des territoires et tout à fait possible dans notre pays. Mais encore faudrait-il que ceux qui ont ruiné la France depuis 20 ans et qui osent se représenter, respectent et connaissent notre pays et son peuple.

Je les invite à venir partager mes déplacements au cours des prochaines semaines. Je me rendrai en Saône-et-Loire, dans la Nièvre, en Côte d’Or, à Laon, à Reims, à Amiens, à Sète, à Narbonne, à Perpignan, en Moselle, dans la Meuse, dans les Ardennes, en Haute-Marne, à Périgueux, etc.

Merci encore à tous ceux qui m’accueillent et qui partagent une nouvelle espérance pour notre pays. Il nous reste un an pour réveiller la France.